Fisc - Blanc n'est pas net

18 Juin 2010

Christian Blanc, secrétaire d'État chargé du Grand Paris et ancien PDG de la RATP et d'Air France, est sommé par le fisc de s'expliquer sur son patrimoine familial. Les zones d'ombres sont nombreuses, aussi bien dans sa déclaration de revenus de 2008 que dans sa déclaration pour l'impôt de solidarité sur la fortune, l'ISF, de 2004 à 2009.

Les inspecteurs des impôts se posent des questions sur la valeur réelle de ses nombreuses résidences : en plus d'un logement dans le riche seizième arrondissement de Paris, la famille possède un appartement dans le deuxième arrondissement, un studio dans le quinzième, une villa en Tunisie et une autre en Bretagne. Rien que ça !

Le fisc s'interroge aussi sur son portefeuille boursier. Blanc a dirigé de 2000 à 2002 une filiale de la banque d'investissement américaine Merrill Lynch. En a-t-il gardé des actions et a-t-il aussi gardé des actions d'Air France ? Et les 20 ou 25 comptes bancaires, qu'il détient actuellement sont-ils en sommeil comme il le prétend? En tout cas les contrôleurs semblent avoir beaucoup de mal à démêler l'écheveau du patrimoine de Blanc, auquel s'ajoute celui de sa femme qui n'aurait pas déclaré sa participation dans les laboratoires Arion, qui appartiennent à sa famille.

Et puis, voilà que le 16 juin, Le Canard Enchaîné révélait que Christian Blanc aurait fait facturer sur le compte de l'État ses commandes de cigares... pour un total de 12 000 euros. Apparemment, il ne prend pas la dernière qualité, mais ne voyait pas non plus pourquoi il aurait dû les payer de sa poche.

Ah, c'est compliqué la vie des riches ! Surtout quand en plus on a pour métier d'appartenir à un gouvernement qui explique aux travailleurs qu'il faut se serrer la ceinture.

Claire DESPLANTES