Espagne - Des syndicats peu enclins à la riposte

18 Juin 2010

Le 8 juin dernier, les salariés de la fonction publique étaient appelés à une journée de grève nationale pour protester contre le plan d'austérité annoncé par le gouvernement socialiste de Zapatero, il y a presque un mois. Que les deux syndicats majoritaires, Comisiones Obreras (CCOO) et UGT (liée au Parti Socialiste), aient placé un délai aussi important pour organiser une riposte des travailleurs en dit long sur leur volonté de faire reculer le gouvernement. Il s'agit de baisser les salaires des fonctionnaires de 5 %, de geler les retraites et de procéder à des coupes claires dans les dépenses publiques.

Si la grève n'a pas atteint son objectif d'être « générale », elle a été cependant relativement bien suivie, en particulier dans l'enseignement mais aussi dans la santé. Et ce n'est pas rien, vu la campagne anti-fonctionnaires du gouvernement, relayée par l'ensemble des médias, et la mise en place abusive de services minimums. Face à cette campagne démagogique, les dirigeants syndicaux dans bien des secteurs ont laissé les travailleurs seuls, n'organisant même pas une assemblée générale pour les encourager à se défendre.

Et malgré tout les manifestations ont rassemblé massivement, en Catalogne et dans des grandes villes comme Madrid, Barcelone, Malaga ou Séville.

Après le 8 juin, les syndicats ont brandi la menace d'une grève générale pour la fin du mois de juin. À peine une semaine après, sous prétexte que Zapatero renonçait à faire passer sa réforme par décret pour s'en tenir au vote du Parlement, UGT comme CCOO s'arrêtaient sur la date du... 29 septembre pour la journée de grève nationale !

Oui, mais à ce moment un certain nombre de ces mesures seront déjà appliquées et les conséquences de la crise se ressentiront encore plus gravement qu'aujourd'hui, où déjà 20 % de la population active est au chômage et où les conditions de vie se sont détériorées pour tous les travailleurs. Et ceux-ci ne devront vraiment compter que sur leur détermination pour imposer de ne pas faire les frais de la crise.

Hélène GRILLET