Contre le projet gouvernemental sur les retraites : Le 24 juin, les travailleurs doivent montrer leur force !

18 Juin 2010

Le gouvernement a présenté mercredi 16 juin son projet de réforme des retraites. Comme on pouvait s'y attendre, l'essentiel des mesures frappent les salariés, même si Sarkozy et Woerth osent parler de « justice » parce qu'elles touchent les fonctionnaires au même titre que les salariés du secteur privé.

L'âge légal de départ en retraite sera reporté à 62 ans en 2018, à raison d'une augmentation de quatre mois par an à partir du 1er juillet 2011, et la durée de cotisation passera à 41 ans et demi en 2020. L'âge qui permet de partir à la retraite sans décote si l'on n'a pas tous ses trimestres sera parallèlement reporté de 65 à 67 ans. La pénibilité du travail, la seule demande que les syndicats mettaient vraiment en avant, ne serait pas prise en compte globalement, mais au cas par cas, après un contrôle médical qui déciderait si le travailleur souffre d'une incapacité physique égale ou supérieure à 20 % lui permettant de partir à 60 ans.

En ce qui concerne les travailleurs de la fonction publique, leur taux de cotisation sera aligné sur celui du privé, passant de 7,85 % à 10,55 %, ce qui se traduira par une baisse du pouvoir d'achat. D'autre part, dès 2012, les fonctionnaires parents de trois enfants et ayant quinze ans de service ne pourront plus prétendre à un départ en retraite anticipé, mesure qui touche essentiellement les femmes.

Comme il fallait s'y attendre, le souci « d'équité » du gouvernement ne va pas jusqu'à prendre sur les revenus des possédants, et il se contente de quelques mesures symboliques. Les salariés se situant dans la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu seront taxés de 1 % de prélèvement supplémentaire (bien moins que les 2,70 % dont seront amputés la totalité des salaires dans la fonction publique), de même que les plus-values mobilières et immobilières. Un prélèvement supplémentaire touchera aussi les stock-options et les retraites-chapeaux. Le gouvernement dit que ces prélèvements ne seraient pas pris en compte dans le calcul du bouclier fiscal. Mais de toute façon, les plus grosses fortunes ne sentiront même pas la différence.

Le gouvernement veut aller vite. Il laisse deux jours aux syndicats pour étudier le texte qui sera présenté au gouvernement à la mi-juillet, débattu au Parlement dès la rentrée de septembre et appliqué en novembre. Comme pour nombre de mauvais coups, il compte sans doute sur les mois d'été et la démobilisation des travailleurs pour faire passer sa réforme en douceur. Eh bien, il est encore temps de lui montrer qu'il se trompe et que les travailleurs peuvent lui faire ravaler sa réforme.

La journée de grèves et de manifestations le jeudi 24 juin appelée par les syndicats peut être une étape dans la mobilisation ; les travailleurs ont intérêt à s'en saisir en y participant nombreux. Car dans les mois qui viennent, ils devront montrer toute leur force pour mettre en échec cette politique antiouvrière.

Marianne LAMIRAL