Centre hospitalier de Nevers : Grève pour cause de ras-le-bol

18 Juin 2010

Jeudi 10 juin, le personnel du Centre hospitalier de Nevers était en grève. L'après-midi, nous étions 500 rassemblés devant les portes pour aller apostropher le directeur. Car depuis des mois et des mois le ras-le-bol s'accumule.

Il y en a assez du manque de personnel dans tous les services et dans toutes les catégories, des infirmières aux ASH, des secrétaires médicales aux aides-soignantes. Les heures supplémentaires s'accumulent : 80, 100, 140 heures et jusqu'à 420 heures au Samu ! Partout, il faut revenir sur ses repos, les plannings sont régulièrement « bidouillés » pour que ça tienne. Les départs en retraite ne sont pas remplacés. Il est arrivé pour certains de faire des semaines de 61 heures. Dans plusieurs services, on ne sait encore ni les dates, ni la durée de nos congés d'été

Les brancardiers, eux, étaient en grève depuis le lundi 7 juin. Ils réclament deux embauches pour alléger la charge de travail. Ils ont le dos et la colonne vertébrale démolis par les kilomètres effectués dans un hôpital tout en longueur, avec un revêtement de sol trop mou dans lequel les roues des lits s'enfoncent.

Il y en a assez aussi des contrats précaires. À la cuisine, 27 % du personnel est sous contrat. À l'EHPAD de Pignelin, plusieurs camarades sous contrat ont été licenciées alors qu'il manque du personnel. Dans un service, les AS sont quatre mais le nombre de malades est passé de 40 à 53.

Enfin, il y a le mépris de l'encadrement qui nous dit qu'« on ne fait pas assez d'efforts », qu'« on devrait être contents d'avoir du travail », qu'« il faut que chacun y mette du sien ».

Cette situation avait vraiment trop duré et le mot d'ordre de grève des trois syndicats (CGT, CFDT, FO) du 10 juin a été très largement suivi. Nous avons envahi les couloirs et les bureaux et obligé le directeur à venir s'expliquer devant tout le monde. Mais ce monsieur était surpris ! D'après lui « rien dans la relation que j'avais avec le personnel ne laissait transparaître ce mouvement ». Lui, « il doit être vigilant sur la maîtrise des dépenses » et « il faut accroître nos capacités sur le marché de l'offre de soins ». Il a même accusé le personnel de mettre le Centre hospitalier en péril avec la grève. Il a été hué et apostrophé.

À toutes les questions précises, le directeur n'avait aucune réponse. Il dit qu'il veut du personnel « heureux » au travail, mais il ne peut pas embaucher les contractuels, il ne peut pas créer des emplois, il ne peut pas payer les heures supplémentaires, il est dans « la rigueur budgétaire ». Mais c'est justement elle qui fait qu'on s'occupe de moins en moins bien des malades, et le président de la Commission médicale d'établissement était obligé de reconnaître que « quand nos collègues agents ne sont pas bien, nous non plus ».

Le directeur ne pouvant donc rien pour nous, la poursuite du mouvement a été décidée et, tous les jours, un certain nombre d'entre nous font grève. Le jeudi 17 juin, il était prévu d'aller devant la DDASS « accueillir » un représentant de l'ARS, l'Agence régionale de la santé.

Se retrouver tous ensemble, tous services confondus, avoir pu dire son fait au directeur, cela a redonné le moral à tous. Il faudra compter dans l'avenir avec les travailleurs de l'hôpital, bien décidés à continuer ce mouvement.

Correspondant LO