Centre hospitalier d'Argentan (Orne) Les soins, ça doit d'abord rapporter

18 Juin 2010

L'hôpital d'Argentan, qui regroupe environ 600 personnes, subit comme tous les hôpitaux la politique de compression accélérée des coûts mise en oeuvre par les gouvernements. Les victimes en sont les malades et les salariés. Mais cette politique a aussi ses serviteurs zélés au sein des directions.

Ainsi, dans une lettre d'information jointe à chaque bulletin de paye, le directeur de l'hôpital tient un véritable réquisitoire à l'encontre des hospitaliers, coupables à ses yeux de « laisser filer les dépenses » et menace, si les « pistes d'économies » qu'il avance ne sont pas appliquées, « d'avoir à prendre des décisions plus drastiques en catastrophe en fin d'année ».

Car, pour ce monsieur, l'hôpital ne gagne pas assez d'argent. Il perdrait même 3 % de recettes du fait d'une mauvaise codification des séjours des patients. En conséquence, il demande à chaque hospitalier de veiller, avec une codification appropriée, à rechercher les gains maximums. Le premier objectif est donc de faire rentrer de l'argent.

Le second est de dépenser moins. Et là aussi, le personnel serait en cause du fait d'une augmentation des absences (maladie et maternité). Il chiffre à un million d'euros le manque à gagner. À cela il ajoute dans son réquisitoire minable et odieux « des bris de matériel bien regrettables ». Et pour qu'on comprenne bien à qui il veut le faire payer, il précise : « Une seule réparation peut représenter deux à trois mois de salaire, charges comprises ! »

Mais c'est tout au contraire la politique gouvernementale, que ce monsieur défend, qui coûte cher aux hospitaliers, aux malades et à l'ensemble de la société. Car, bien plus que de bris de matériel, c'est de la casse de l'hôpital public que ces moralisateurs et chasseurs d'économies sont responsables.

Correspondant LO