Israël - La provocation de Netanyahou

17 Mars 2010

La récente annonce par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou de la construction de 1 600 logements à Jérusalem-Est, dans un secteur à majorité arabe annexé en 1967, a été ressentie comme une provocation par la population palestinienne. À partir du 16 mars, des manifestations ont donné lieu à de violents affrontements avec la police, au point que l'on commence à parler de la possibilité d'une « nouvelle Intifada ».

L'attitude du gouvernement israélien et ses provocations quotidiennes à l'égard des Palestiniens (comme l'autorisation donnée le 15 mars à la reconstruction d'une synagogue à Jérusalem-Est) sont aussi un pied de nez aux représentants de Washington. Ces derniers ont qualifié l'attitude israélienne « d'insultante », l'annonce du nouveau projet de colonisation ayant été faite durant la visite en Israël du vice-président américain Joe Biden, dont l'objectif était de relancer de prétendues négociations israélo-palestiniennes.

Ce n'est pas la première fois que Netanyahou se livre à ce genre de provocation, ignorant ouvertement cette fois les promesses de gel de la colonisation des Territoires occupés de Cisjordanie. Il sait qu'en affichant cette attitude intransigeante, il plaît à la fraction la plus réactionnaire de la population juive israélienne et en particulier aux colons, et cela lui est nécessaire pour maintenir son gouvernement.

Le gouvernement américain, manifeste verbalement, une fois n'est pas coutume, sa réprobation de l'attitude israélienne, mais il y a fort à parier qu'il n'ira pas beaucoup plus loin. Car, dans cette région particulièrement sensible du Proche-Orient, les États-Unis ne peuvent se passer d'alliés, en particulier d'Israël. Et, au-delà des mouvements d'humeur momentanés, ils restent complices.

Depuis des années, c'est cette complicité qui permet la poursuite de l'occupation de la Cisjordanie et maintenant le blocus de Gaza, au mépris de toutes les résolutions internationales, au mépris des droits élémentaires du peuple palestinien, soumis à une répression permanente.

Roger MEYNIER