Contre les heures supplémentaires : imposons le partage du travail entre tous

10 Mars 2010

Avec la crise, les entreprises ont déclaré 7 % d'heures supplémentaires en moins en 2009, soit 676 millions d'heures contre 727 millions en 2008, indique une étude de l'Acoss, l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale. Le recul a même atteint 13 % dans les grandes entreprises.

L'été 2007, peu de temps après son élection, Sarkozy avait fait voter la loi TEPA, loi prétendument en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat. Elle devait concrétiser son slogan « Travailler plus pour gagner plus ». Une des mesures phares de cette loi était l'exonération de charges sociales et d'impôt sur les heures supplémentaires.

Cette mesure destinée essentiellement au patronat coûte très cher au budget de l'État : 4 milliards d'euros par an, selon les chiffres du gouvernement lui-même. Elle profite également aux patrons en leur permettant de substituer aux augmentations de salaire la possibilité de « faire des heures ».

Si cette loi a rencontré un certain succès auprès des patrons, le recours aux heures supplémentaires s'est fait au dépens de l'emploi, puisque les patrons peuvent faire face à un surcroît de travail sans embaucher. Ainsi, même si le phénomène est un peu en recul, les 676 millions d'heures effectuées en 2009 représentent encore l'équivalent de 433 000 emplois à plein temps !

Face à la crise, la solution, du point de vue des intérêts des travailleurs, n'est pas de multiplier les dispositifs d'exonérations de cotisations sociales pour le patronat qui, au total, coûtent plus de 32 milliards par an au budget de l'État. Ce n'est pas non plus que certains travailleurs s'éreintent au travail pour pouvoir vivre, pendant que d'autres sont maintenus dans le chômage et la pauvreté. C'est d'imposer le partage du travail entre tous, sans baisse de salaire.

Roger MEYNIER