Collèges et lycées de Seine-Saint-Denis : La grève continue

12 Février 2010

Le lundi 1er février, la grève est partie du collège et lycée Henri-Wallon d'Aubervilliers. Cette cité scolaire compte 1 500 élèves et environ 120 enseignants. Certains d'entre eux ayant fait le constat que les journées d'actions étaient insuffisantes ont décidé la grève contre la dégradation des conditions de travail et d'enseignement, en particulier, contre les 16 500 suppressions de postes programmées pour la rentrée prochaine. Pour les enseignants, il était clair qu'ils faisaient une tentative, et que si elle n'était pas couronnée de succès, ils auraient au moins eu la satisfaction d'avoir essayé.

200 A AUBERVILLIERS...

La journée du 1er février, a servi pour s'organiser sur le collège et le lycée et à convaincre les collègues qui n'étaient pas en grève. Des commissions ont été mises sur pied pour organiser les actions, alerter la presse, téléphoner aux autres établissements pour préparer nos visites. L'idée d'aller voir les collèges et les lycées du voisinage en groupe à 20, 30, voire 40 grévistes certaines fois, a énormément plu, regonflant à la fois le moral des grévistes de Wallon et des collègues des établissements visités.

Partout l'accueil a été très sympathique et chaleureux même. Mardi 2 février au soir, le lycée Le Corbusier, les collèges Gabriel-Péri et Diderot d'Aubervilliers, le lycée Paul-Éluard de Saint-Denis avaient été visités. Dans la journée, plusieurs collèges et lycées se joignaient au mouvement.

Après nous être adressés à la population de la ville, aux parents d'élèves, aux professeurs des écoles, nous nous sommes retrouvés, jeudi 4 février, à plus de 200 devant la mairie d'Aubervilliers pour exprimer notre ras-le-bol. L'assemblée générale des grévistes, réunie à plus de 130, à la Bourse du travail d'Aubervilliers, où étaient représentés treize établissements en grève, a appelé à continuer le mouvement et à faire grève le mardi 9 février pour se rassembler devant la mairie de Saint-Denis afin, là encore, de s'adresser à la population.

650 A SAINT-DENIS

Si certains collèges ou lycées ont connu un certain flottement à l'approche du week-end, la grève est repartie le lundi 8 et le mardi 9 février, où nous étions environ 650 à nous rassembler devant la mairie de Saint-Denis et à partir en manifestation dans les rues de la ville.

Réunis en assemblée générale, les 250 grévistes présents, représentant 53 établissements scolaires, de l'école primaire au lycée, dont 43 étaient en grève, ont fait l'état des lieux du mouvement et de ses perspectives. Le fait que les organisations syndicales, le Snes, la CGT, Sud, la CNT, FO avaient appelé à la grève mardi 9 à Saint-Denis et jeudi 11 février sur toute l'académie de Créteil, pour aller au ministère de l'Éducation nationale, à Paris, a été évidemment ressenti comme un appui. L'assemblée des grévistes a pris acte du soutien des syndicats, tout en gardant son expression propre le jour de la manifestation avec sa banderole et ses tracts. La manifestation du 9 février s'annonce déjà comme une réussite.

DES REVENDICATIONS UNIFICATRICES

Les revendications des grévistes sont simples et générales. Tout le monde peut s'y reconnaître. La première est : « Oui à l'embauche massive de personnels de l'Éducation nationale. Non aux suppressions de 16 500 postes à la rentrée prochaine, aux classes surchargées et au non-remplacement des personnels ». Ensuite, c'est le refus total de ce « décret des fonctionnaires qui autorise les licenciements dans la Fonction publique ». Enfin, c'est la lutte contre la précarité dans le premier et le second degré « avec la titularisation de tous les non-titulaires » afin de défendre un véritable service public de l'Éducation nationale. Et enfin, le refus de ces prétendues réformes, dont celle de Chatel, qui toutes aboutissent à supprimer encore plus de postes et à dégrader les conditions de travail et d'enseignement.

Correspondant LO