La journée d'action intersyndicale du 7 octobre : les travailleurs ont besoin d'une perspective claire

09 Septembre 2009

À la fin du meeting de rentrée de la CGT, à Paris, le 8 septembre, Bernard Thibault a pu annoncer que six confédérations syndicales, appelaient à une journée d'action le 7 octobre prochain, FO et la CFTC ne se joignant pas à l'appel. On ne sait pas pour l'instant quelle forme prendra cette journée.

Comme lors des journées d'action du début de l'année, la CGT et les autres confédérations n'ont pas avancé de revendications claires et compréhensibles de tous. Le mot d'ordre d'interdiction des licenciements, s'il revient de plus en plus souvent dans les discussions entre travailleurs, n'a pas été repris par les directions syndicales.

En complément - si l'on ose dire - du 7 octobre, la CGT avance des rendez-vous pour des actions de certaines catégories ou sur certaines revendications, avec lesquelles bien entendu on ne peut qu'être d'accord. Mais tout cela ne répond pas aux besoins de l'heure.

En effet, face à la volonté patronale et gouvernementale de faire payer la crise aux travailleurs de toutes les façons possible, des plans de licenciements jusqu'aux coupes dans les services publics, du blocage des salaires jusqu'aux attaques contre les retraites et la Sécurité sociale, il faudrait un puissant mouvement de l'ensemble des travailleurs pour inverser le rapport des forces. Un nouveau mai 1968, comme disent beaucoup de travailleurs et de militants syndicaux. Il est peut-être hors de portée des confédérations syndicales, à six comme à huit, de provoquer un tel mouvement « en appuyant sur un bouton ». Mais le minimum serait qu'elles cherchent à aller dans cette direction et à y préparer les travailleurs.

Or les directions syndicales se gardent bien d'aborder une telle perspective, si ce n'est pour dire que c'est impossible, pas souhaitable ou hors de propos. Tout juste certains responsables de la CGT, lorsque les militants dénoncent la passivité de la direction, consentent-ils à lâcher que les journées d'action préparent le « tous ensemble ». Mais un tel mouvement ne peut se préparer que les yeux ouverts, en sachant où l'on va et pourquoi on y va.

En revanche, en se rendant à l'Élysée pour s'y prêter à des simulacres de discussions, les dirigeants syndicaux accréditent l'idée qu'on peut obtenir quelque chose par des rencontres polies avec le fondé de pouvoir du grand patronat et estompent encore plus les perspectives de lutte.

Malgré tout, malgré cette absence de détermination des directions syndicales, cette journée du 7 octobre peut permettre aux travailleurs d'exprimer leur colère. Il faut donc souhaiter qu'elle soit réussie et militer pour cela.

Quant à la nécessaire lutte d'ensemble, elle finira forcément par se produire, mais sous la forme d'une explosion générale que les confédérations syndicales n'auront ni prévue, ni souhaitée, ni a fortiori préparée. Comme le furent les grèves générales de juin 1936 et de mai 1968, les seuls moments où les travailleurs ont fait reculer le patronat de manière significative.

Paul GALOIS