Prix du gaz inchangé, ménages pénalisés : GDF-Suez gonfle ses profits

27 Juin 2009

Il n'y aura sans doute pas de baisse des tarifs du gaz. Pourtant, d'après les mécanismes mis au point par le gouvernement lui-même, les tarifs réglementés pour les particuliers auraient dû mécaniquement baisser au 1er juillet.

En effet, ces tarifs réglementés, qui concernent 93 % des abonnés, tiennent compte des prix du pétrole, du cours du dollar, ainsi que des coûts d'acheminement, de stockage et de commercialisation. Comme le prix du pétrole a subi une baisse importante depuis octobre dernier, le gouvernement aurait dû répercuter cette baisse. Eh bien non, simplement parce que GDF-Suez a dit non.

Soucieuse de protéger ses marges, cette société a en effet préconisé et va sans aucun doute obtenir du gouvernement un gel des tarifs. Et son argumentation ne manque pas d'audace : la hausse probable des prix du pétrole cet été, car déjà entamée ces dernières semaines, devrait entraîner une nouvelle hausse des tarifs du gaz en octobre prochain. D'après les dirigeants de GDF-Suez, il faudrait éviter le yoyo des prix du gaz ; une baisse, suivie d'une augmentation, ce ne serait pas bon.

Déjà en 2008, les particuliers soumis au tarif réglementé avaient vu leur facture augmentée de 15,2 %. Le 1er avril 2009, les tarifs du gaz avaient certes diminué, mais seulement de 11,3 %. Cette baisse avait été jugée, par toutes les associations de consommateurs, trop faible et trop tardive.

Mais là, c'est pas de baisse du tout. Par contre, le prix de l'électricité, lui, va bouger. Il est question d'une hausse sensible des tarifs aux particuliers... au 1er août !

Bertrand GORDES