Sri Lanka : le gouvernement cherche à écraser la guérilla tamoule

30 Avril 2009

Samedi 25 avril, dans plusieurs villes du monde, notamment à Paris, des milliers de Tamouls sont descendus dans la rue pour protester contre la répression qui frappe la minorité tamoule du Sri Lanka à laquelle ils appartiennent. Depuis plusieurs mois, en effet, l'armée sri-lankaise poursuit une offensive contre la guérilla nationaliste du LTTE, « les tigres tamouls », mais l'offensive militaire frappe aussi des dizaines de milliers de civils enfermés dans une bande de territoire de plus en plus réduite.

Jusqu'au lundi 27 avril, où elles ont renoncé officiellement aux armes lourdes, canons et bombardiers, les forces sri-lankaises n'hésitaient pas à les utiliser contre les combattants du LTTE, mais ces attaques n'épargnaient pas la population civile qui s'entasse sur le même territoire, ainsi que des écoles ou des hôpitaux.

Le veille, le dimanche 26 avril, la guérilla du LTTE avait décrété un cessez-le-feu unilatéral pour tenter de fléchir les dirigeants politiques de Colombo, la capitale du Sri Lanka. Mais l'armée a poursuivi son offensive. La proposition du LTTE a cependant déclenché un ballet diplomatique. Plusieurs ministres européens, dont Bernard Kouchner, projettent de se rendre au Sri Lanka pour mesurer l'ampleur des massacres en cours. Dans ce contexte, il n'est pas de très bon augure que les dirigeants du Sri Lanka leur aient interdit l'entrée dans la zone où, selon les rebelles tamouls, les bombardements à l'arme lourde continueraient.

Selon les estimations de l'ONU, près de 6 500 civils auraient trouvé la mort dans les combats du dernier trimestre. 110 000 civils auraient réussi à quitter la poche de territoire où la guérilla est encerclée et où il resterait encore 50 000 civils. Pour le moment, les appels de l'ONU et de l'Union européenne à une trève humanitaire qui leur permettrait de quitter le territoire n'ont rien donné.

Et si l'actuel gouvernement sri-lankais n'est pas pressé de mettre fin à cette offensive, c'est que pour l'instant elle le favorise plutôt sur le plan intérieur. Le succès militaire de ces derniers mois a en effet renforcé la cote de popularité de l'actuel président Rajapaksa, appartenant au parti de gauche le Sri Lanka Freedom Party (SLFP). Dans ces conditions, les dirigeants sri-lankais ne sont certainement pas pressés de mettre fin à la répression qui frappe le réduit tamoul.

Jacques FONTENOY