Suppression de la taxe professionnelle : encore un cadeau aux patrons

11 Février 2009
La taxe professionnelle, dont Sarkozy a annoncé la suppression, constitue une part très importante des recettes des communes, parfois jusqu'à 60 % de toutes leurs rentrées. Autant dire que cette suppression, si elle est appliquée, n'aura pas de minces implications pour les budgets des communes et pour leur population.

Sarkozy a justifié cette mesure au nom de la préservation de l'emploi. C'est une duperie ! À entendre les applaudissements de Laurence Parisot, présidente du Medef, à cette annonce, on sait d'évidence à qui cela va profiter. Pas à l'emploi. C'est autant que les patrons n'auront pas à payer, sans la moindre obligation de maintenir ou de créer des emplois.

En revanche, et parce que quand même il faut bien faire semblant de prendre en compte les besoins financiers des municipalités et de leur population, Sarkozy a évoqué en remplacement de la taxe professionnelle la création d'une « taxe carbone », dont on ne sait ni qui la paiera ni à qui elle bénéficiera. Les représentants du patronat, qui ont pour habitude de se plaindre avant même qu'on les égratigne, se sont empressés de dire qu'ils ne paieraient pas cette nouvelle taxe. « À quoi bon, a déclaré Laurence Parisot, supprimer une taxe qui pèse sur le patronat, si c'est pour nous en imposer une autre ? » Car en fait, si les patrons dénoncent la taxe professionnelle, ce n'est pas parce que cet impôt serait « imbécile » ou « stérilisant », comme on entend dire. Mais c'est parce qu'ils souhaiteraient payer moins d'impôts, voire pas d'impôt du tout, quel que soit le nom qu'on lui donne.

Avec la suppression de la taxe professionnelle, le gouvernement ferait donc un cadeau à tous les patrons, tout en remettant en cause, une nouvelle fois, le financement des municipalités. Déjà, il n'a de cesse de se débarrasser sur celle-ci de ses responsabilités en matière de services publics, sans pour autant leur donner les moyens financiers correspondants.

La suppression de la taxe professionnelle représenterait une nouvelle baisse des crédits dont les municipalités ont besoin pour créer les emplois indispensables à la vie sociale : services de proximité, soins à domicile, aides scolaires, aides aux personnes âgées, etc. Ce serait une remise en cause - une de plus - des conditions d'existence de la population, et en particulier des classes populaires, et c'est intolérable !

Jean SANDAY