À propos du livre sur Kouchner : Faux idéaliste et vrai carriériste11/02/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/02/une2115.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

À propos du livre sur Kouchner : Faux idéaliste et vrai carriériste

Le livre consacré à Bernard Kouchner, titré Le monde selon K et rédigé par Pierre Péan, a fait couler pas mal d'encre et de salive dans les médias.

Après bien d'autres, ce dernier livre retrace la carrière du « French Doctor » qui, en 1968, alors qu'il fréquentait les étudiants communistes, proclamait qu'il fallait être d'abord contestataire pour mieux faire carrière ensuite. De ce point de vue, Kouchner a plutôt réussi. Depuis quarante ans, il a toujours su mettre en scène auprès des médias les causes qu'il entendait servir, et en même temps en tirer profit, ne serait-ce qu'en termes de notoriété.

Sa notoriété de médecin humanitaire, qui à ses débuts n'hésitait pas à bousculer États et institutions, l'a conduit à devenir ministre dans plusieurs gouvernements socialistes avant de trouver au final sa place dans le gouvernement de Sarkozy. Un politicien qui commence sa vie politique à gauche pour la poursuivre à droite, voilà qui n'est pas d'une grande originalité. Il y a un siècle, le mouvement ouvrier français avait même forgé une expression pour les carriéristes de cet acabit : « avant trente ans révolutionnaire, après canaille ».

Ce qui a provoqué des réactions au livre de Péan est évidemment les gains substantiels que Kouchner est parvenu à s'octroyer. De la part d'un homme qui n'a cessé de prendre la pose de l'idéaliste désintéressé, jusqu'à coécrire un livre avec l'abbé Pierre, c'est à contre-emploi. Mais, au fond, pour un politicien comme Kouchner, c'est assez banal.

Les ex-ministres et autres hauts fonctionnaires ne manquent pas de moyens pour retomber sur leurs pieds. De multiples organismes proposent des présidences aux serviteurs de la bourgeoisie qui ne sont plus en poste (Strauss-Kahn au FMI ou Mattéi à la Croix-Rouge). Il y a aussi les activités de « consultants » qui permettent de tirer profit des carnets d'adresses établis quand on tenait une position officielle. C'est ce qu'a fait Kouchner notamment auprès d'Omar Bongo qui a payé au prix fort de telles « consultations » avec certainement l'espoir d'un renvoi d'ascenseur au cas où Kouchner reviendrait aux affaires...

Aux yeux des milieux dirigeants, il n'y a pas là de quoi fouetter un chat, sauf quand justement on veut s'en débarrasser. Mais en l'occurrence ce n'est pas le cas pour Sarkozy qui a défendu son ministre et voulu siffler la fin de la partie. Mais qui sait si cela l'arrêtera ?

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