Préparons la réussite du 19 mars

11 Février 2009
Il a fallu du temps pour que les huit organisations syndicales, qui avaient appelé aux grèves et aux manifestations du 29 janvier, se décident à annoncer une suite à cette journée.

Ce sera donc le 19 mars, dans plus d'un mois. Pourquoi une telle attente ? Ce serait, entend-on dire, pour laisser le temps à Sarkozy de préciser les propositions qu'il devrait faire lors de la rencontre entre le gouvernement et les représentants du patronat et des cinq confédérations syndicales dites représentatives, programmée pour le 18 février. Comme si l'orientation de la politique du pouvoir n'était pas évidente, pas seulement dans ce qu'a dit Sarkozy à la télévision le 5 février, mais depuis qu'il trône à l'Elysée ? S'il fallait une preuve que la population laborieuse a très bien compris qu'il ne fallait rien attendre de bon de ce gouvernement, c'est justement le succès de la journée du 29 janvier qui a dépassé, tout le monde en convient, l'ampleur des grandes manifestations de ces dernières années.

Il faut, disent aussi les confédérations syndicales, laisser le temps de bien préparer cette nouvelle journée, ne pas trop précipiter le rythme. Mais le problème à l'inverse, c'est qu'en attendant les syndicats laissent l'entière l'initiative à Sarkozy et au pouvoir. Ces derniers gardent toute liberté pour fixer le calendrier des rencontres et leur contenu, puisque les discussions porteront essentiellement sur les propositions de Sarkozy. Sans que l'on sache pour l'instant, de façon nette, ce que mettent en avant en commun les huit confédérations, ni même ce que chacune d'entre elles entend défendre comme revendications précises.

Il est vrai que l'unité syndicale a été un facteur important dans la réussite de la journée du 29 janvier. Mais encore faut-il que cette unité ne se traduise pas par un alignement sur les plus hésitants, les moins déterminés à mettre à profit la réussite du 29 janvier. Pour le moment l'absence de détermination dont fait preuve le « front syndical » ne peut que donner au pouvoir l'impression que Sarkozy n'a pas grand-chose à en craindre. Et elle risque surtout de décevoir les militants et les travailleurs à qui la journée du 29 janvier avait redonné espoir et confiance.

Mais, puisque rendez-vous a été donné le 19 mars, il faut y être présent, plus nombreux, plus largement encore que le 29 janvier, en associant plus encore les travailleurs de tous les secteurs, de toutes les villes du pays, de toutes les entreprises en particulier du secteur privé. Et puisque la date choisie par les confédérations syndicales en laisse le temps, il faut mettre à profit ce délai pour la préparer au mieux. Il faut faire en sorte que cette journée soit non seulement une suite, mais une amplification de la précédente, et ne marque pas la fin de la mobilisation, mais une étape dans l'élargissement et l'approfondissement de la riposte ouvrière et populaire.

Jean-Pierre VIAL