New Fabris - Châtellerault (Vienne) Magouilles patronales et licenciements

11 Février 2009
Vendredi 6 février les ouvriers de New Fabris, entreprise appartenant au groupe italien Zen, ont brûlé le drapeau de l'actionnaire, suite à l'annonce d'un plan licenciements de plus de 200 travailleurs sur un effectif de 372.

L'objectif affiché par les patrons serait de sauver Zen au travers d'une rationalisation de ses sites de production, et ainsi ils pourraient bénéficier du soutien du Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (doté de 300 millions d'euros), auquel participent l'État ainsi que les constructeurs Renault et Peugeot.

Les effectifs de l'entreprise ont chuté progressivement suite à de précédentes restructurations. En octobre 2007, le groupe Zen avait été retenu par le tribunal de commerce de Nanterre pour la reprise de Fabris, en supprimant des emplois au passage et en s'engageant à maintenir les autres, tout cela avec le soutien des politiciens de droite comme de gauche, telle la présidente de région Ségolène Royal. On voit ce qu'il en est de la parole des patrons, un an après. Spécialisée dans la mécanique de précision pour la sous-traitance automobile, l'usine employait alors 416 personnes.

Le groupe Zen possède également une fonderie, la SBFM, située à Caudan dans le Morbihan, où 237 licenciements sont programmés sur 550 emplois... et où les patrons annoncent le transfert d'une partie de l'usinage vers le site de New Fabris. Les travailleurs ont fait éclater là-bas leur colère, se mettant en grève et occupant l'usine ; à Châtellerault, les ouvriers manifestent dans la ville et mettent la pression sur les pouvoirs publics et le député-maire Nouveau Centre, Jean-Pierre Abelin. Ils doivent être reçus par Luc Châtel, secrétaire d'État à l'Industrie.

Ces licenciements s'ajoutent à d'autres qui viennent d'être annoncés, comme à Valéo où 163 travailleurs seront touchés, et à l'usine de bois Isoroy dont le site va carrément fermer, entraînant la disparition de 87 emplois. Avec le chômage partiel qui touche de nombreux travailleurs et les centaines d'intérimaires qui sont sur le carreau depuis plusieurs mois, la situation est réellement catastrophique pour de nombreuses familles populaires.

Face à cela, le préfet et le maire de droite s'agitent pour mettre en place un contrat de transition professionnel (CTP) pour le bassin industriel. C'est aussi vain que le sont les pseudo-cellules de reclassement, avec à la clé un nouveau cadeau pour les patrons, tel le renoncement aux indemnités de licenciement pour les travailleurs qui signeraient un CTP, qui seraient ainsi retirés des statistiques du chômage.

Les magouilles des patrons arrosées d'argent public, les travailleurs en ont assez de devoir les payer comptant.

Correspondant LO