Le gonflement de la dette publique : des cadeaux aux possédants, payés par la population

11 Février 2009

Dans son rapport annuel publié le 4 février, la Cour des comptes s'inquiète de l'ampleur de la dette publique. Avec près de 1 300 milliards d'euros, elle atteint 66,1 % du produit intérieur brut. En quinze ans, la dette a augmenté de 500 milliards d'euros, et chaque année l'État doit débourser 20 milliards supplémentaires pour le paiement des intérêts.

Il n'est nul besoin d'être un grand économiste pour voir ce qui plombe ainsi les finances publiques. Pour ne parler que des dépenses les plus récentes, des dizaines de milliards d'euros ont été distribués aux banquiers et aux industriels, prétendument pour les aider à surmonter la crise, en réalité pour que leurs actionnaires conservent un taux de profit élevé. À cela s'ajoutent le plan de relance de 26 milliards d'euros présenté fin janvier par le Premier ministre, qui favorisera en premier lieu les grosses entreprises de BTP, ainsi que les 6 milliards d'euros supplémentaires annoncés le 9 février pour les constructeurs automobiles, le prétexte invoqué étant d'empêcher des licenciements et délocalisations, ce qui reste à démontrer.

Il ne se passe pas une semaine sans que le gouvernement ouvre le tiroir-caisse pour tout ce monde-là, creusant encore plus son endettement. Le déficit pour l'année 2009 devait être de 56 milliards d'euros. Alors qu'il se montait déjà à 82 milliards le matin du 9 février, le soir même, il atteignait 94 milliards !

En outre, si d'un côté les dépenses explosent, de l'autre, les rentrées d'argent diminuent, du fait des cadeaux faits au patronat et aux possédants, par le biais des allégements de cotisations sociales, des baisses d'impôt qui résultent du bouclier fiscal ou, dernière promesse en date, de la suppression envisagée de la taxe professionnelle.

La solution préconisée par la Cour des comptes, prétendument pour contenir la dette, rejoint en fait la politique menée par le gouvernement, puisqu'elle propose de... poursuivre la politique de « réformes » mise en route par celui-ci ! Autrement dit, la baisse du nombre de fonctionnaires risque de s'accélérer, c'est-à-dire qu'il y aura encore moins de personnel dans les écoles, les hôpitaux, les transports, moins d'argent pour les services publics qui vont continuer à se dégrader. La population paiera les cadeaux faits à une minorité de profiteurs.

Marianne LAMIRAL