La loi Bachelot de démantèlement de l'hôpital public : une loi que les travailleurs des hôpitaux peuvent mettre en échec

11 Février 2009
La quasi-totalité des syndicats des hôpitaux de l'Assistance publique de Paris et sa région appelaient pour ce jeudi 12 février à une grève et à une manifestation pour demander le retrait de loi Bachelot, intitulée « Hôpital, patients, santé, territoires ». Partout se font entendre les protestations du personnel hospitalier, que ce soit dans les CHU, les hôpitaux généraux ou les hôpitaux psychiatriques.

Des centaines de médecins des hôpitaux publics, dont une part notable de professeurs, ont rejoint cet appel pour demander le retrait, dans cette loi examinée depuis le 10 février à l'Assemblée nationale, de tout ce qui concerne l'hôpital.

Attaque en règle contre l'ensemble des hôpitaux publics du pays, cette loi menace le libre accès aux soins hospitaliers d'une bonne partie de la population et offre aux intérêts privés tout ce que ceux-ci pourront trouver rentable.

Au nom de la rationalisation et de la recherche de la « rentabilité », une bonne part des hôpitaux sont promis à la fermeture totale ou partielle. Cela menace nombre d'hôpitaux de proximité, mais même ceux des grandes agglomérations, y compris en région parisienne. Avant même le vote de la loi, les projets de centralisation, de regroupements forcés, et donc de fermetures sont en cours. 20 000 emplois sont en voie d'être supprimés dans les hôpitaux publics, au nom de la résorption de prétendus déficits, artificiellement créés par les nouvelles règles de financement.

D'autre part, cette loi vise à laisser les mains libres au gouvernement pour offrir au capital privé tout ce qui peut être rentable dans ce domaine vital de la santé publique. Autrement dit il pourra piller à son profit les caisses publiques qui financent la santé.

La situation actuelle est déjà très souvent insupportable tant pour le personnel que les malades. Pourtant les hôpitaux publics, malgré toutes les restrictions et les coupes budgétaires, assurent encore, et de loin, une prise en charge médicale bien supérieure à celle des cliniques privées.

Il n'y a pas de fatalité à cette marche en arrière.Il y a dans les hôpitaux publics près d'un million de salariés dépendant de la fonction publique hospitalière, des dizaines de milliers d'autres en contrats plus ou moins précaires. C'est une force potentielle considérable ; et si ces travailleurs entraient en lutte, non seulement pour défendre ce qui existe, mais pour demander qu'on se donne les moyens d'assurer à tous des soins de qualité, ils seraient certains du soutien actif de la très grande majorité de la population.

Paul SOREL