Hôpital Edouard-Herriot (Lyon) Urgences médicales et psychiatriques : la lutte a payé

11 Février 2009
Après huit semaines de grève pour dénoncer la dégradation des conditions de travail et obtenir des effectifs, le personnel des urgences de l'hôpital Edouard-Herriot de Lyon a suspendu la grève le 3 février, après avoir vu aboutir une partie des revendications permettant une amélioration de la prise en charge des patients.

Les grévistes ont obtenu des effectifs supplémentaires : pour l'accueil des patients, un aide-soignant est embauché, et deux brancardiers assureront le transport des malades vers les services d'examens. Cela permettra aux aides-soignants d'améliorer le travail de nursing, alors qu'ils étaient continuellement occupés à faire des transports, laissant l'infirmière seule à devoir choisir entre confort ou sécurité du malade.

Un poste d'infirmière et deux postes et demi d'aides-soignants permettront de soulager les équipes de tous les services de l'urgence. Et les congés maternité devraient être tous remplacés, alors que sur l'ensemble de l'hôpital, de l'aveu même de la direction, elle ne remplace actuellement qu'une maternité sur quatre. Le poste de préparateur en pharmacie, qui avait disparu, sera pourvu en mai. Et sans oublier la promesse de changer ou réparer le matériel médical défectueux ou vétuste !

Cependant, le personnel regrette qu'une partie des postes obtenus le soient par redéploiement et par requalification des lits. Deux postes d'aides-soignants ont été pris sur le pool remplaçants de l'hôpital et, d'autre part, des postes ont été obtenus par la transformation de cinq lits de réanimation en lits de soins continus, qui nécessitent moins de personnel. Les agents ont dénoncé cette situation lors d'une rencontre avec le directeur général et le maire de Lyon. En effet, dans la semaine, ils avaient été obligés de refuser des urgences faute de lits de réanimation disponibles sur Lyon.

Grâce à la grève, les urgences médicales de l'hôpital seront les seules à ne pas subir le plan de réduction de personnel, correspondant à 2 % de la masse salariale, imposé par le ministre de la Santé, pour réduire le déficit des Hospices Civils de Lyon. Mais la grève a aussi amené une prise de conscience de la politique du gouvernement.

C'est pourquoi les agents étaient encore en grève le 29 janvier, et certains dans le cortège Santé pour réclamer « de l'argent pour la santé, pas pour les banquiers ».

Correspondant LO