Eric Besson aux immigrés clandestins : pour être régularisé, participez à la chasse aux sans-papiers

11 Février 2009
Le nouveau ministre de l'Immigration, Eric Besson, a signé, jeudi 5 février, une circulaire qui promet des titres de séjour aux sans-papiers acceptant de coopérer avec la police. Il a tenté de justifier cette mesure en déclarant qu'ainsi des immigrés clandestins victimes d'exploitation sexuelle ou de conditions de travail indignes pourraient, en collaborant avec la police, aider à dénoncer les exploiteurs et à démanteler des mafias qui prospèrent à leurs dépens.

Si la police estime la dénonciation satisfaisante, les sans-papiers auront trente jours pour déposer des plaintes et ils obtiendront en retour une carte de séjour provisoire... le temps de porter plainte et de témoigner.

Si les plaintes des clandestins aboutissent à des condamnations et des expulsions, Besson envisage même, dans sa grande bonté, la possibilité de leur octroyer des cartes de résidents de dix ans. Cartes refusées à des milliers de sans-papiers vivant et travaillant en France depuis des années.

Les réfugiés qui viennent ou transitent par la France fuient la misère et les guerres. Ils sont effectivement souvent les victimes de réseaux criminels qui les rackettent et parfois les assassinent. Mais dans la réalité, les réfugiés n'ont affaire qu'à des comparses. Même s'ils le voulaient, ils sont incapables de dénoncer les vrais organisateurs et bénéficiaires de ces trafics humains.

S'ils collaborent avec la police, en plus des représailles qu'ils risquent ainsi que leurs familles restées au pays, ils tomberont complètement sous la coupe policière pour permettre l'arrestation, peut-être de quelques mafieux ou patrons esclavagistes, mais essentiellement d'autres clandestins, aidant ainsi aux 26 000 expulsions programmées par le gouvernement.

Besson, nouveau promu aux basses oeuvres de l'État, ne trouvera certainement pas beaucoup de volontaires pour ses combines. Car les sans-papiers démontrent dans les grèves pour leur régularisation que la solidarité et la dignité ne sont pas de vains mots pour eux. C'est par les luttes qu'ils obtiennent et obtiendront leur régularisation, à l'image par exemple des 400 qui, depuis le week-end du 7 février, occupent la maison de quartier Gérard-Philippe aux Mureaux, dans les Yvelines.

Louis BASTILLE