Chu de Grenoble - La coupe est pleine

11 Février 2009
Depuis le 15 janvier, une dizaine de services de l'hôpital Michallon de Grenoble sont en grève. Les raisons : le manque criant de personnel, une situation alarmante qui ne peut plus durer. Les conditions de travail sont insupportables et la sécurité des malades est compromise.

Plusieurs fois par semaine, il nous arrive de sortir à 16 ou 17 heures, quand on finit théoriquement à 14 h 30, ou à 23 ou 24 heures au lieu de 21 h 30. Bien sûr, il est impossible de récupérer ces heures supplémentaires. Il n'est pas rare non plus d'être rappelé quand on est en congé.

Mais ce qui heurte surtout le personnel, c'est que les conditions de soins laissent à désirer. Ainsi, bien souvent, un service, même saturé, se voit imposer des lits supplémentaires qu'on laisse dans les couloirs. C'est devenu une telle habitude qu'on y a installé des prises à oxygène. Et c'est dans les couloirs que se font les soins, les toilettes de ces patients. Quelle indignité !

À cause du manque de personnel, les patients en fin de vie, de plus en plus nombreux, ne font pas l'objet de tous les soins que l'on pourrait leur prodiguer. Et c'est révoltant.

Le personnel est tellement débordé qu'il ne peut assurer que les soins techniques, n'a plus le temps de parler, de réconforter, plus le temps même de poser, au moment voulu, un patch anesthésiant avant un examen des gaz du sang.

La direction reste sourde. Elle a proposé d'affecter en Pneumologie, jusqu'en mars, du personnel du service de suppléance paramédical, au détriment des autres services.

Mais elle se refuse à créer des postes supplémentaires. Elle voudrait gérer l'hôpital comme elle gérerait n'importe quelle entreprise. Nous ne l'accepterons pas !

Le mouvement ne fait que commencer et le personnel saura trouver les moyens de se faire entendre.

Correspondant LO