ArcelorMittal - Gandrange (Moselle) Sarkozy super-menteur

11 Février 2009
Lors de son show télévisé du jeudi 5 février, Sarkozy a affirmé la main sur le coeur à propos de l'aciérie de Gandrange : « Quand on dit que je n'ai pas tenu promesse, c'est faux ! C'est un mensonge ! » Non seulement il n'a pas tenu promesse, mais il a rajouté d'autres mensonges. Et plusieurs mensonges ne font pas une vérité.

De quoi les travailleurs de Gandrange se plaindraient-ils puisque, selon Sarkozy, on n'y ferme « qu'un four » ? En guise de four, c'est non seulement toute l'aciérie - dans laquelle il y a bien d'autres installations - mais aussi un laminoir.

Autre mensonge de Sarkozy, la promesse d'installer à Gandrange une usine pour piéger le CO2 sortant des hauts fourneaux. La chose est un peu difficile puisque les hauts fourneaux de Gandrange ont été fermés... il y a quatorze ans ! Si « l'usine » en question voit le jour, ce sera à Florange, dans la vallée de la Fensch, à une vingtaine de kilomètres. Mais Sarkozy n'est pas à une approximation près.

Il y a tout juste un an, il était venu se faire filmer au milieu des sidérurgistes de l'usine dont ArcelorMittal voulait se débarrasser. Une mise en scène soigneusement organisée dans laquelle Sarkozy avait bien promis le maintien de l'usine ou, au moins, le maintien des emplois sur le site, tout comme de revenir sur place pour présenter aux travailleurs ses projets. Rien de tout cela n'est arrivé.

Par contre, la promesse d'ArcelorMittal de supprimer des emplois a bien été tenue. 575 emplois sont en cours de liquidation, en fait le double si l'on compte tous les travailleurs qui sont licenciés discrètement dans la sous-traitance, sans parler des dizaines d'intérimaires qui ont été renvoyés à l'ANPE.

En ce qui concerne les reclassements promis par ArcelorMittal, pour l'instant, sur les 290 travailleurs de l'aciérie non concernés par des mesures d'âge, 103 n'ont toujours pas de proposition... à six semaines de la fermeture de l'aciérie ! Pour le reste, 107 sont en cours de mutation au laminoir qui devrait subsister - pour combien de temps ? Quarante-trois travailleurs seulement ont été mutés de façon ferme et définitive dans d'autres usines, une cinquantaine sont en cours de reclassement.

Il faut dire que les usines du groupe sont au point mort du fait de la baisse des commandes mais surtout du fait d'un choix délibéré d'Arcelor d'organiser la pénurie pour maintenir le prix de vente de l'acier. Ainsi à Florange tout proche, un haut fourneau ne devrait pas être rallumé avant la fin de l'année, et les autres installations sont au chômage partiel.

Quant aux engagements d'implantation de nouvelles activités - comme une centrale électrique à gaz par Poweo - ils se sont envolés.

La fermeture de l'aciérie est une catastrophe pour les travailleurs de la région ainsi que pour la commune de Gandrange qui va perdre ainsi les trois quarts de ses recettes fiscales.

Aujourd'hui, certains regrettent d'avoir accueilli Sarkozy, sans autre protestation qu'un rassemblement organisé par la CGT aux portes de l'usine. Les caméras de la télévision avaient d'ailleurs soigneusement évité ce rassemblement, préférant passer en boucle les images de Sarkozy au milieu des sidérurgistes.

Correspondant LO