Hôpitaux - Encore un effet de la politique criminelle du gouvernement

07 Janvier 2009
Après le décès d'une femme de 82 ans à son retour de l'hôpital, une association familiale - l'Union des familles laïques de Moselle (Ufal) - et le fils de la défunte ont déposé une plainte pour " non-assistance à personne en danger " et " délaissement de personne vulnérable ", estimant que le décès de cette femme est directement lié à " la pénurie de soins organisée par le gouvernement ".

La veille, vers midi, en état d'insuffisance respiratoire et de déshydratation, la vieille dame était conduite de sa maison de retraite à un hôpital de Metz. Là, dit son fils, " elle est restée huit heures sur un brancard, dans un couloir du service des urgences. " Puis, vers 20 heures, elle a été reconduite à la maison de retraite. Le lendemain, en début d'après-midi, elle mourait.

La direction de l'hôpital nie que le décès soit lié à " un manque de soins ". Elle affirme que la malade a été vue par un médecin, que des examens ont été pratiqués et un traitement instauré. Sans doute. Mais il est particulièrement choquant que, faute de place, une vieille femme ait dû attendre pendant des heures sur un brancard, dans un couloir au lieu d'un lit dans une chambre équipée, et que, vraisemblablement faute d'effectifs suffisants, personne n'ait pu rester auprès d'elle pour lui parler, l'écouter, la rassurer.

Dix jours plus tôt, un homme de 56 ans mourait des suites d'un malaise cardiaque parce qu'il a fallu six heures pour, enfin, dénicher - en région parisienne, la région la mieux dotée ! - un lit dans un service hospitalier disposant des équipements adéquats. Non pas que ceux-ci soient exceptionnels, ils sont au contraire aujourd'hui bien rodés mais, sous prétexte d'économies, de rentabilité, ils sont en nombre insuffisant, voire pire : ils existent mais sont fermés !

Depuis des années, et même des dizaines d'années, les personnels des hôpitaux et des médecins dénoncent les fermetures de lits, les manques d'effectifs, la pénurie qui s'installe et grandit dans l'hôpital public. Ils s'élèvent contre le fait qu'ils n'ont pas les moyens de travailler dans des conditions assurant la sécurité des malades. Les gouvernements successifs ont répondu par des politiques d'économies de plus en plus drastiques mettant en péril l'hôpital public. Et le plan Bachelot, qui prévoit la suppression d'une vingtaine de milliers de postes dans les années à venir, poursuit la démolition.

En quelques jours, quatre " affaires " ont mis la lumière sur le manque dramatique de moyens tant matériels qu'humains dont souffre l'hôpital public. Et combien sont restées dans l'ombre ? Un chose est sûre : il est plus qu'urgent d'arrêter la casse !

Sophie GARGAN