Sabotage des caténaires : la baudruche se dégonfle

03 Décembre 2008

Mardi 2 décembre, trois des cinq personnes incarcérées dans l'affaire dite du « sabotage des voies SNCF » ont été remises en liberté. La chambre d'instruction a dû juger qu'il ne s'agissait pas de terroristes bien redoutables et qu'ils pouvaient attendre leur procès en liberté. Pourtant deux autres, inculpées des mêmes chefs, « direction d'une entreprise terroriste, destruction en réunion à visée terroriste, association de malfaiteurs », restent détenues. Elles font toutes partie des neuf personnes mises en examen le 15 novembre, suite à des actes de malveillance sur des caténaires de voies TGV ayant conduit au retard de plusieurs dizaines de trains.

Ces actes stupides et potentiellement dangereux avaient donné lieu à un numéro de grand guignol de la part des autorités. Les policiers avaient parlé de trois cents terroristes potentiels, issus de « l'ultra-gauche » et placés sous surveillance, de matériel retrouvé chez les accusés (dont un horaire des trains, des clés USB et du matériel d'escalade !), de renseignements donnés par le FBI, etc. Les arrestations avaient fait les gros titres des journaux. Et la mayonnaise était montée suivant, semble-t-il, ce principe que plus le terroriste incarcéré est dangereux, plus le ministre de l'Intérieur est grand. Alliot-Marie était donc venue déclarer sur toutes les chaînes combien sa résolution était grande contre un ennemi aussi redoutable.

Aujourd'hui, avec sept inculpés en liberté sur neuf, il semble que la justice contredise la police, le gouvernement et leurs délires « terroristes », laissant Alliot-Marie marrie.

La seule chose étonnante de cette affaire c'est que ce ne soit pas Sarkozy lui-même, selon son habitude, qui ait mis la main au collet des terroristes. Mais peut-être avait-il senti le coup foireux ?

Paul GALOIS