États-Unis : Il faut arrêter les suppressions d'emplois !

03 Décembre 2008
Les militants trotskystes américains qui publient le bimensuel The Spark reviennent, dans l'éditorial de leur dernier numéro, sur la montée rapide du chômage qui, avec la crise, frappe les travailleurs américains.

Selon les déclarations officielles du département américain du Travail, plus de dix millions de personnes ont perdu leur travail en octobre. Cela représente 6,5 % de la population active.

Mais ces dix millions ne représentent qu'une petite partie du problème. Quand le gouvernement compile les statistiques mensuelles du chômage, il en exclut une grande partie des personnes concernées mais, en même temps, il en garde une trace. L'ensemble donne un total général de 22,6 millions de personnes qui sont soit des chômeurs, soit des salariés travaillant moins d'heures que l'emploi à plein temps qu'ils peuvent souhaiter. On arrive ainsi, pour octobre, à plus d'un salarié sur sept sans travail, complètement ou partiellement. Effroyable !

Cela ne devrait pas être beaucoup mieux en novembre, avec les annonces de licenciements qui se succèdent : 54 000 emplois supprimés chez Citigroup ; 24 000 chez Hewlett-Packard ; 6 000 chez Sun Microsystems ; 5 000 employés chez Chrysler ; 2 500 chez ArcelorMittal, et presque autant dans les autres entreprises de sidérurgie, US Steel et AK Steel ; 3 000 chez Yahoo ; plusieurs milliers dans les entreprises fabriquant des semi-conducteurs ; et des centaines de milliers d'emplois menacés dans l'automobile.

Pour la suite, les prévisionnistes en économie de l'université du Michigan prédisent dans ce qu'ils appellent un « pronostic optimiste » que 2,4 millions de personnes supplémentaires devraient perdre leur emploi dans les dix-huit prochains mois. (...)

Ce n'est pas de leur propre choix que 22,6 millions de personnes se sont retrouvées sans emploi ou sous-employées. Les suppressions d'emplois sont un choix du capitalisme même quand ce choix conduit à un désastre pour l'ensemble de la société.

Les politiciens, qui se présentent comme proches des travailleurs sont pleins de conseils à destination de ceux qui sont emportés dans cette spirale mortelle du capitalisme. « Soyez patients, disent-ils, les choses vont aller mieux - mais seulement après qu'elles soient devenues pires ! » (...)

Les démocrates et les républicains se précipitent pour distribuer des milliards de dollars à la classe riche qui a causé cette crise. Un parti politique qui serait prêt à défendre les intérêts de la grande majorité de la population devrait faire encore plus vite pour interdire les suppressions d'emplois et les licenciements. Il devrait faire que chaque banque - et chaque entreprise où ces banques ont placé de l'argent - recrée des emplois avant de toucher un centime du gouvernement.

Les travailleurs ont vu assez du « pire », pourquoi attendre que cela s'aggrave encore ? Il faut un moratoire des suppressions d'emplois et des licenciements ! Toute mesure en retrait par rapport à celle-ci ne peut signifier que la catastrophe pour le monde du travail.