Chômage en hausse : des millions de chômeurs pour sauver les profits

03 Décembre 2008

Les chiffres du chômage qui viennent d'être annoncés marquent une hausse de 2,4 % en octobre. 46 900 chômeurs de plus ont été enregistrés.

Pour les statisticiens, il s'agit de la plus forte hausse mensuelle de ces quinze dernières années. Pour les ministres de Sarkozy, c'est seulement une conséquence « inévitable » de la crise économique, et une « phase de ralentissement [...] avec forcément des conséquences sur l'emploi », pour Lagarde, en charge de l'Économie. Trois millions et demi de travailleurs vivent la situation, car au-delà des 2 millions répertoriés par l'Insee dans la catégorie 1 (à la recherche d'un emploi à temps plein, à durée indéterminée, n'ayant pas travaillé plus de 78 heures dans le mois), il existe sept autres catégories, qui elles aussi recensent des travailleurs sans emploi. Et ceci encore sans compter tous ceux qui n'en peuvent plus de chercher... sans trouver.

Et les annonces de suppressions d'emplois continuent d'être distillées, jour après jour. Après les banques, qui invoquent les conséquences de la crise des « subprimes », viennent l'industrie et le bâtiment.

Déjà les patrons des entreprises d'intérim annoncent 100 000 emplois supprimés en un an, sur 650 000, allant comme Adecco jusqu'à licencier préventivement 600 de ses propres employés. Quant aux emplois à durée indéterminée, ils servent eux aussi, en quelque sorte, de variable d'ajustement... pour les profits. Dans l'automobile, les patrons se permettent la métaphore maritime à deux sous en appelant « réduire la voilure » le fait de supprimer près de 8 000 emplois, rien que pour Renault et PSA. Sans compter les centaines d'emplois qui disparaissent chez les sous-traitants. En amont, le sidérurgiste ArcelorMittal se joint maintenant au choeur hideux. Mais pendant qu'ils suppriment les emplois ou instaurent des semaines de chômage partiel, plus ou moins indemnisé, les patrons de l'automobile écoulent leurs stocks, récupèrent de l'argent frais, continuent à jouer en Bourse, en préservant leur trésorerie et... versent des dividendes par milliards.

Pendant ce temps, dans l'automobile, les aciéries, les fonderies comme dans d'autres secteurs industriels et dans le bâtiment, les travailleurs continuent à tenir des postes intenables, à supporter des cadences ou des horaires insupportables. Si la logique mise en oeuvre n'était pas purement celle du profit, le travail, et il y en a, serait réparti entre tous. Mais cela, on ne peut l'attendre ni des profiteurs du système ni des gouvernants à leur entière dévotion.

Viviane LAFONT