Bâtiment : Les mises en chantier diminuent alors que les logements manquent24/09/20082008Journal/medias/journalnumero/images/2008/09/une2095.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Bâtiment : Les mises en chantier diminuent alors que les logements manquent

Selon le président de l'organisation patronale, la Fédération Française du Bâtiment (FFB), " l'année se soldera au mieux par 390 000 à 400 000 logements mis en chantier, loin des 435 000 de 2007 ", et " très loin de l'objectif de 500 000 logements neufs fixé par le gouvernement ". Selon elle " si rien n'est fait ", cet objectif sera renvoyé " au rayon des chimères ".

Le président des patrons du bâtiment reconnaît ne pas savoir quand le secteur redémarrera, confirmant ainsi combien l'économie de marché est aveugle, y compris dans un secteur où les besoins sont criants. En effet en ce qui concerne le logement dit social, pour satisfaire les ménages inscrits sur les listes d'attente des HLM et les personnes mal ou très mal logées, plus de deux millions de logements devraient être construits d'urgence, a calculé la Fondation Abbé-Pierre.

Avec la persistance du chômage, le quasi-blocage des salaires combiné à la hausse des prix, il n'est pas étonnant que la crise du logement se soit aggravée, d'autant que seulement 6 % des logements du secteur locatif privé ont aujourd'hui un loyer de niveau HLM, alors qu'il y en avait 50 % en 1990.

L'année dernière a été " une très bonne année " du point de vue des patrons du bâtiment. Mais 75 % des logements construits étaient destinés aux 30 % des ménages les plus riches, qui, pour la plupart, sont déjà propriétaires de leur logement. Ils en ont acheté d'autres, même très chers, comme placement, spéculant sur la hausse de l'immobilier. Or, visiblement, l'évolution n'est plus la même aujourd'hui et un tel placement intéresse moins ceux qui en ont les moyens.

Le président de la FFB constate qu'en un an " le délai moyen d'écoulement d'un logement neuf dans l'habitat collectif est passé de cinq mois et demi à quatorze mois ", ce qui se répercute sur les mises en chantier.

Cette mévente est-elle liée à la crise du crédit immobilier enclenchée aux États-Unis et devenue une crise financière ? Sans doute, du fait de la hausse du coût du crédit qui en résulte. Mais le président des patrons du bâtiment a rappelé que c'est loin d'être la première fois qu'une telle crise se produit. Ainsi, entre 1992 et 1997, 200 000 emplois avaient été supprimés dans le secteur. Il a ajouté : " le cycle, un peu oublié ces dernières années, fait un retour en force, avec un recul à la fois des ventes des promoteurs et des mises en chantier ".

Bref, ces hauts et ces bas " cycliques ", avec la montée du chômage quand les affaires se ralentissent, avec en permanence des millions de gens qui ne peuvent pas se loger, c'est la routine.

Jean SANDAY

Chômage dans le bâtiment, conséquence de la loi du marché

Dans le bâtiment, 8 000 à 9 000 emplois d'intérimaires ont été supprimés cette année. Et encore ne s'agit-il que d'emplois en " équivalent temps plein ". Autrement dit, le nombre d'intérimaires touchés est nettement plus important. Quant aux CDD et CDI, le patronat du bâtiment prévoit que le nombre de suppressions d'emplois dépassera le nombre de nouveaux contrats fin 2008 - début 2009. On nous explique cela par le " retournement de tendance " du marché de l'immobilier.

Le " droit au travail " et le " droit au logement " sont des mots creux dans cette économie régie par la loi du marché, où plus précisément par la loi du profit.

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