Sarkozy et "l'assistanat" : les vrais assistés sont les capitalistes

11 Septembre 2008

Dans son discours du 28 août destiné à lancer le RSA, Sarkozy a, peut-être sans le vouloir, énoncé une vérité profonde : " L'assistanat paye davantage que le travail ". À condition de savoir de quel assistanat on parle.

Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, s'est chargé d'expliquer la pensée présidentielle à ceux qui auraient pu mal l'interpréter. Il a en effet déclaré dans une interview au Figaro que " quand on additionne les 12,5 milliards d'allégements de la loi Tepa, les trois milliards de réductions d'impôts sur les sociétés pour les entreprises qui vont recourir au crédit d'impôt-recherche et le milliard de la suppression progressive de l'impôt forfaitaire sur les sociétés, on a d'ores et déjà 16 milliards de réductions d'impôts. À côté du 1,5 milliard prélevé pour le RSA, on voit bien que la baisse des prélèvements obligatoires n'est pas remise en cause. " Il aurait pu préciser : pour les plus riches.

Lefebvre aurait même pu ajouter que, grâce à la magie du bouclier fiscal qui limite les impôts sur les grandes fortunes, le prélèvement de 1,5 milliard en question n'écornera même pas la cagnotte des plus gros contribuables.

L'État consacre une part de plus en plus grande de son budget à assister ceux qui vivent de ce que leur rapportent leurs capitaux et qui n'ont qu'à attendre bien tranquillement les diminutions d'impôts, aides et dégrèvements de toutes sortes qui arrondiront leur magot. Sarkozy et consorts ont, pour inventer de nouveaux cadeaux à la grande bourgeoisie, une imagination sans limites. Et leur dernière trouvaille est justement le RSA, qui aura pour conséquence de fournir aux patrons une main-d'oeuvre sous-payée et de plus en plus précaire.

Paul GALOIS