Gardes d'enfant, aides à domicile, etc. : le règne de la précarité et des bas salaires.

27 Février 2008

Le gouvernement se vante du recul du chômage et de la création de 300 000 emplois. En fait, le secteur qui a le plus progressé ces dernières années est celui des " services à la personne ", les emplois chez les particuliers. Les particuliers employeurs peuvent en effet déduire de leurs impôts jusqu'à 50 % du salaire versé, ce qui revient à faire prendre en charge par la collectivité la moitié du salaire de son jardinier ou de sa garde d'enfant. Cela explique le succès de ce type d'emploi.

Mais pour les salariés, la réalité est celle de la précarité et de très faibles revenus.

Dans une étude de janvier 2008, l'Insee recense 1,6 million de salariés employés directement par un particulier, comme par exemple les gardes d'enfant, les aides à domicile, les assistantes maternelles. Ce chiffre est en progression de 7 %.

L'enquête précise que, " en 2006, la moitié des salariés qui exercent au domicile des particuliers ont retiré de cette activité, et sur l'ensemble de leur contrat, un salaire annuel net inférieur à 1 666 euros ", soit à peine plus de 150 euros par mois. Explication : le salaire horaire net est très faible, souvent en dessous du smic, et les horaires tiennent plus d'un quart temps que d'un temps complet. Il s'agit d'une situation bien plus proche du chômage que de l'emploi. Quant aux assistantes maternelles, qui gardent chez elles les enfants souvent de plusieurs familles, la moitié d'entre elles ne perçoivent que 6 554 euros par an, soit 550 euros par mois. Même les 10 % les mieux payées n'ont eu qu'un revenu net annuel de 8 782 euros, soit bien moins que le smic.

Il est notable que 112 000 de ces salariés ont au moins 60 ans et sont donc obligés de continuer à travailler pour compenser la faiblesse de leur retraite.

Ces emplois dans le domaine des " services à la personne " ont progressé de façon importante ces dernières années. Pas seulement parce que quelques bourgeois y ont vu une opportunité de dépenser peu par rapport au service rendu, mais parce qu'il s'agit d'activités utiles qui, le plus souvent, pallient aux insuffisances du gouvernement en matière d'équipements de santé, de crèches, de résidences pour personnes âgées, de services médicaux à domicile, etc. Et il est d'autant plus choquant que cela se réalise au prix d'une précarité et de bas salaires généralisés pour les travailleurs concernés.

Christian BERNAC