Consommation : la vache enragée à prix discount pour les pauvres ?

27 Février 2008

Une société immobilière a l'intention d'implanter dans le quartier Sainte-¬Honorine de Taverny, dans le Val-d'Oise, un supermarché Iper Store, spécialisé dans le déstockage de produits alimentaires proches de leur date de péremption.

Les 6 000 habitants du quartier n'auraient donc, en guise de moyenne surface alimentaire proche de chez eux, que ce type de magasin. Les consommateurs obligés de calculer au plus près leurs dépenses alimentaires, les personnes âgées limitées dans leurs déplacements comme dans leurs ressources, n'auraient, dans ce quartier populaire où le chômage et la proportion de retraités sont importants, que ce magasin discount où ils devraient surveiller attentivement l'étiquetage des produits achetés, au risque de les consommer au-delà de leur date de péremption.

D'après l'Insee, l'approvisionnement dans les commerces d'alimentation hard discount, aux prix les moins chers, a quasiment doublé entre 2001 et 2006, passant de 7 % à 13 % des ménages. La fréquentation de ces commerces continue de grimper, la baisse du pouvoir d'achat et la flambée des prix alimentaires y contraignant de nombreux consommateurs, et pas seulement parmi les plus pauvres. C'est cependant ces derniers qui, toujours d'après l'Insee, s'y rendent le plus souvent : les 20 % des ménages au niveau de vie le plus faible y font 20 % de leurs dépenses alimentaires, tandis que les 10 % les plus aisés préférent les marchés ou les achats directs chez les producteurs.

Comme le dénoncent par ailleurs des diététiciens, les produits " discount " les moins chers sont souvent également les moins bons sur le plan nutritionnel : plus gras, plus sucrés, plus salés, plus aqueux, moins riches en nutriments de qualité.

Mais voilà, il y a du profit à faire sur les plus pauvres, alors le créneau se remplit.

Viviane LAFONT