La Barre-Thomas - Rennes : le patron veut réduire les effectifs et les forces militantes

16 Février 2008

L'usine de la Barre-Thomas produit des pièces de caoutchouc et plastique pour l'industrie automobile, et essentiellement pour PSA. Depuis juillet 2006, elle a été achetée par un fonds d'investissement, Silver-Point, qui a engagé un " plan de sauvegarde de l'emploi " (PSE) dont le principal objectif est de réduire les effectifs par des licenciements. Quand il a acheté l'entreprise, il y avait 1 700 salariés et il espère parvenir à un effectif de 1 300 personnes en mai prochain.

Le plan de licenciements a d'abord touché les plus âgés, les plus faibles, les plus cassés par le temps passé dans cette usine. C'est-à-dire que la direction voudrait éliminer tous ceux qu'elle juge inaptes à assurer les rythmes de production qu'elle veut imposer.

Mais elle profite aussi du PSE pour se débarrasser des salariés les plus combatifs et essayer d'affaiblir les capacités d'intervention du syndicat CGT. Ainsi, alors que la liste des licenciés n'est pas close, trois responsables de la CGT ont déjà été visés.

La direction voudrait faire croire que ces responsables syndicaux sont licenciés parce qu'ils rentrent dans le cadre de critères, soi-disant objectifs, savamment définis par le PSE. Dans l'usine comme à l'extérieur, personne n'est dupe. La direction avait déjà une mauvaise réputation et les licenciements renforcent cette image. Ceux de militants syndicaux ne font qu'en rajouter encore.

Pour le moment, bien que l'indignation et la colère soient palpables dans l'usine, la peur d'être licencié paralyse la mobilisation. Mais avec ses façons de faire, la direction pourrait provoquer une réaction bien méritée.

Correspondant LO