Salaires des patrons : les premiers servis

30 Janvier 2008

Avec l'annonce des milliards perdus par la Société Générale, on a aussi appris que son PDG, Daniel Bouton, qui se proposait de renoncer à six mois de salaire, gagnait près de 10 millions d'euros par an. Les travailleurs de la Générale ont ainsi eu le plaisir de savoir que, pour leur PDG, le salaire n'est que de la menue monnaie dont il peut se passer sans problème !

Il n'est d'ailleurs sûrement pas le seul, puisque lundi 28 janvier une étude de la société de consultants Hay Group portant sur les salaires des PDG des 100 plus grandes sociétés européennes et américaines montrait que les PDG français sont les mieux payés d'Europe, avec 1,25 million d'euros de salaire annuel, et 5,9 millions d'euros au total si on y ajoute les revenus tirés de leur portefeuille en actions, stock-options et autres bonus. Mais ils pourraient presque se plaindre en se comparant à leurs homologues américains, qui gagnent en moyenne 13 millions d'euros par an, soit près de 2,5 fois plus.

À les en croire, ces salaires seraient justifiés par leur travail et les bons résultats de leurs entreprises. Mais pour ces PDG et pour les actionnaires qui décident du montant de leurs rémunérations, ces bons résultats sont d'abord ceux du travail... de leurs salariés, de l'accroissement de leur exploitation, voire de licenciements.

Quand lesdits PDG sont remerciés, eux, ils ont droit à des primes de licenciement, les fameux " parachutes dorés " qui leur permettent justement un atterrissage en douceur... Bouton, s'il est finalement démissionné de la Générale, en sera sans doute encore un bel exemple.

Pendant ce temps tous ces PDG, demandent aux travailleurs de se serrer la ceinture, pour ne pas mettre l'entreprise en péril !

Cédric DUVAL