Salaires, retraites, emplois, la lutte doit continuer !

22 Novembre 2007

Malgré le début des négociations entre les directions syndicales, celles de la SNCF et de la RATP et le gouvernement, où ce dernier affirme clairement qu'il n'entend rien céder sur l'essentiel, la grève a continué dans bien des secteurs. Les cheminots et les agents de la RATP refusent de travailler plus longtemps pour une pension de retraite plus faible. Ils ont raison. L'augmentation à 40 ans de la durée de cotisation et la réduction de la pension pour ceux qui ne les ont pas atteints sont une attaque grave contre les conditions d'existence des travailleurs, que rien ne justifie. Quand bien même Balladur l'a imposée aux travailleurs du privé et Raffarin à ceux de la Fonction publique, cela reste une régression sociale. La seule mesure d'équité serait de revenir à 37 ans et demi de cotisation maximum pour tous avec une pension correcte.

Mardi 20 novembre, les travailleurs de la Fonction publique, de La Poste, de France Télécom et les enseignants ont fait grève pour revendiquer des augmentations de salaire et pour protester contre les suppressions d'emplois.

Alors que les prix des produits de première nécessité et les loyers s'emballent littéralement, augmenter les salaires devient une nécessité vitale pour tous les salariés. Quant à la suppression d'emplois dans la Fonction publique, c'est un projet scandaleux dans une période de chômage de masse et c'est un pas de plus dans la démolition de services publics indispensables.

Le personnel des hôpitaux ne peut plus faire face à la croissance des charges de travail. Il ne peut pas multiplier les heures supplémentaires imposées et pratiquement jamais payées. Le manque d'effectifs à La Poste se traduit par moins de tournées, des bureaux fermés, des heures d'ouverture réduites, des attentes interminables.

La seule raison de ces attaques est de faire des économies sur le dos des salariés, des chômeurs, des retraités, pour permettre à l'État de consacrer une part toujours plus grande du budget à aider le patronat et, accessoirement, à financer les 15 milliards de cadeaux fiscaux aux possédants petits et grands, base électorale du gouvernement.

La grève du 20 novembre a été largement suivie, et les manifestations ont été massives.

En fixant à des dates différentes la journée de grève de la Fonction publique et celle, le 14 novembre, où les cheminots, les agents de la RATP, d'EDF et de GDF étaient appelés à reprendre leur grève, les directions syndicales ont choisi la division. Il est pourtant évident que, pour se défendre face aux attaques du gouvernement aux ordres du patronat, le monde du travail a intérêt à unir ses forces.

La détermination des cheminots et des agents de la RATP a cependant déjoué cette manoeuvre. En poursuivant leur grève malgré tout, ils imposaient la jonction.

Le gouvernement a voulu disperser la grève des " régimes spéciaux " en proposant des négociations entreprise par entreprise. Les dirigeants des principales confédérations syndicales l'ont accepté alors que le gouvernement n'a fait aucune concession. Mais les grévistes n'ont pas l'intention d'abandonner leurs exigences pour le plat de lentilles des négociations. L'appel dédaigneux de Fillon à reprendre le travail avant toute négociation a renforcé leur détermination, ce qui a contraint les directions syndicales à continuer plus longtemps qu'elles ne le voulaient.

Le gouvernement voudrait bien diviser les travailleurs catégorie par catégorie, branche par branche, les opposer les uns aux autres pour mieux les écraser tous. Il n'est pas de l'intérêt du monde du travail de le laisser faire. Qu'ils soient du public ou du privé, les travailleurs n'ont pas à accepter de travailler toujours plus pour un pouvoir d'achat toujours plus faible et de crever de misère l'âge de la retraite venu, et tout cela pour que les riches deviennent toujours plus riches.

Le 20 novembre devra avoir une suite. Il faut faire reculer le gouvernement et le patronat, arrêter leur politique de régression sociale. C'est vital si nous ne voulons pas être poussés vers la pauvreté.

Arlette LAGUILLER