Loi sur l'autonomie des universités : le mouvement de protestation étudiant s'étend.

15 Novembre 2007

Dans nombre d'universités de tout le pays, le mouvement de colère contre la loi Pécresse gagne du terrain.

Paris, Lille, Toulouse, Rennes, Le Havre, Caen, Aix-Marseille... dans toutes les universités, des assemblées générales ont commencé à se réunir à partir du début novembre et ne font, depuis, que grossir. Avec parfois des chiffres approchant ceux de la mobilisation lors du mouvement anti-CPE de 2006, voire parfois supérieurs. Ainsi à Paris-Tolbiac, Paris-Nanterre, Rennes ou Lille, les assemblées ont réuni entre 1 000 et plus de 2 000 étudiants.

Beaucoup d'étudiants profitent de ces AG pour exprimer leur colère. C'est bien sûr la loi Pécresse et ses projets de semi-privatisation des facs qui écoeurent les étudiants. Mais on sent aussi l'envie de se mobiliser contre Sarkozy, symbole d'une droite arrogante, méprisante et ouvertement dévouée aux riches.

Pour l'instant, les manifestations étudiantes n'ont pas encore pris une grande ampleur. Mais dans toutes les assemblées générales l'idée est systématiquement proposée de se retrouver côte à côte avec les cheminots, à partir du 14 novembre, ou avec les agents de la Fonction publique le 20.

Bien sûr, les étudiants anti-Pécresse ne sont pas les seuls à se mobiliser. Dans toutes les assemblées générales - ce qui explique en partie leur caractère particulièrement massif - des étudiants de droite viennent " participer aux débats ", ce qui signifie pour eux, le plus souvent, essayer de saboter les AG par des cris et des sifflets. Ceux-ci répondent à l'appel de l'UMP à la mobilisation des étudiants " qui veulent travailler ". Et souvent les AG s'enlisent dans des débats parfois stériles sur la question de savoir s'il faut bloquer ou non les facs.

Il serait surtout indispensable, en ce début de mobilisation, de chercher à populariser et élargir le plus possible le mouvement, et à le transformer en une grève massive, plutôt que de se donner comme objectif de bloquer toutes les facultés. Ce sera l'un des enjeux des prochaines assemblées générales.

Mais de toute façon, les étudiants en lutte ont raison de se battre pour essayer de préserver une université qui ne soit pas tout entière livrée aux appétits des investisseurs privés.

Pierre VANDRILLE