Les chiffres du chômage publiés par l'Insee : baisse réelle ou manipulation ?

15 Novembre 2007

L'Insee vient de publier les chiffres du chômage pour le deuxième trimestre 2007, qui font état d'une baisse. Le taux de chômage serait de 8,1 % (8,4 % si on y inclut les départements d'Outre-mer), soit une baisse de 0,9 % sur un an, c'est-à-dire 230 000 chômeurs en moins. Le gouvernement s'est aussitôt adressé des félicitations, y voyant la confirmation de " l'efficacité des politiques de l'emploi mises en oeuvre ces derniers mois ".

En fait, à supposer qu'il y ait eu une diminution du nombre de chômeurs, celle-ci tient pour une bonne part au changement du mode de calcul qui en est fait par l'Insee. En premier lieu, ces statistiques s'appuient sur des enquêtes menées auprès de 75 000 personnes, et non sur un comptage précis de tous les chômeurs. Ensuite, sous prétexte d'unification avec ce qui se pratique dans d'autres pays européens, l'Insee considère maintenant que, pour être comptabilisé comme chômeur, il ne suffit plus d'être inscrit à l'ANPE, il faut aussi qu'il y ait une recherche active d'emploi, par des demandes de rendez-vous par exemple. Cela fait baisser tout de suite de 0,7 % le nombre officiel de chômeurs.

Selon les chiffres officiels, il y aurait donc actuellement 2,2 millions de chômeurs. Mais, quel que soit le mode de calcul, ne sont pas comptabilisés comme chômeurs les travailleurs obligés de se contenter d'un temps partiel faute de mieux, ceux de plus de 55 ans dispensés de recherche d'emploi, les érémistes, tous ceux qui ont été radiés ou encore les centaines de milliers de jeunes qui n'ont jamais travaillé. Manipuler les chiffres dans tous les sens ne peut pas faire oublier cette réalité.

Marianne LAMIRAL