Une année en or... pour les patrons

09 Novembre 2007

Le mensuel Capital du mois de novembre fait le point sur les revenus (salaires, avantages et stock-options) des grands patrons français, pour qui 2006 a été une « année en or ». Les cinquante patrons les mieux payés gagnent en moyenne 3,8 millions d'euros par an, soit 316 ans de smic !

La palme revient à Louis Schweitzer, ex-PDG de Renault et toujours président du conseil d'administration, qui a touché presque douze millions d'euros dans l'année, dont onze de plus-value sur ses stock-options. Il est talonné de près par le patron de la Société Générale, Daniel Bouton, qui s'est accordé une augmentation de salaire de 25 %, sans doute pour se consoler de n'avoir touché que sept millions et demi d'euros de plus-value sur ses stock-options !

Mais ces revenus ne sont parfois pas grand-chose en comparaison des dividendes qu'ils touchent quand ils sont actionnaires. Car ce sont les actionnaires, c'est-à-dire ceux qui possèdent les entreprises, qui acceptent de verser aux PDG qu'ils ont embauchés de tels salaires, de très loin inférieurs à leurs propres revenus. Cette année, les bénéfices des entreprises du CAC 40 ont progressé de 15 %, mais la part des profits distribuée aux actionnaires a bondi de 35 % ! Ainsi Bernard Arnault, du groupe LVMH, a touché 326 millions d'euros en tant qu'actionnaire. Cela lui vaut d'être l'homme le plus riche de France et la septième fortune du monde. Quant à Arnaud Lagardère, dont on a beaucoup entendu parler, il a réussi, alors que le bénéfice de son groupe EADS plongeait de 60 %, à en récupérer tout de même douze millions pour sa cagnotte personnelle.

Quant aux retraites de ces messieurs, elles sont aussi dorées que leurs « parachutes » en cas de licenciement, comme en témoigne Bertrand Collomb, ex-PDG des cimenteries Lafarge, qui lui ont garanti une retraite d'un million d'euros par an jusqu'à la fin de ses jours ; rien à voir avec les « privilèges » des cheminots !

Ce sont bien sûr les mêmes qui licencient à tour de bras, expliquent aux salariés qu'il est impossible de les augmenter et que les chômeurs sont des « assistés ».

Sylvie MARÉCHAL