Les parachutes dorés... ça va continuer

28 Juin 2007

" Les indemnités de départ ne seront plus automatiques et feront l'objet d'une plus grande transparence. Surtout, leur versement sera soumis à des conditions de performance examinées au moment du départ du dirigeant ", stipule le projet de loi présenté le 20 juin au Conseil des ministres. Voilà donc à quoi se réduit la promesse, faite par Sarkozy lors de sa campagne présidentielle, d'interdire les parachutes dorés, ces sommes très importantes octroyées au moment de leur départ aux dirigeants des grandes entreprises.

Alors que certains montants d'indemnités de départ de PDG faisaient la Une des journaux, les 8,5 millions d'euros de Forgeard, l'ex-président d'EADS, les 2,5 millions d'euros de Laurence Danon, la PDG du Printemps, (somme représentant plus de 130 années de salaire d'une vendeuse), Sarkozy avait fait mine de protester. En avril 2007, il avait même déclaré qu'il les rendrait illégaux s'il était élu, car il n'acceptait pas " qu'on ait à la fois la grosse rémunération et le gros parachute ". Il avait ajouté, à une autre occasion, qu'il n'était pas normal que les grands patrons négocient " une prime d'éviction en forme de parachute en or " après " avoir conduit leur entreprise à l'échec ", ce qui n'est " rien d'autre qu'une forme d'abus de bien social ".

Mais Sarkozy était alors en campagne électorale et tenait compte de l'électorat populaire choqué par les gains des Forgeard et autres PDG.

Aujourd'hui, le gouvernement se contente de proposer de conditionner l'octroi d'indemnités aux " performances " réalisées. Cela ne va pas bien loin. Avec une telle " condition ", l'ex-patron de Vinci, par exemple, serait tout de même parti avec ses 13 millions d'euros et 35 % de stock-options, puisque son groupe se portait bien. Ce n'est tout de même pas un Sarkozy qui va ôter leur parachute à ses copains PDG.

Aline RETESSE