Sans-logis - À défaut de supprimer la misère, cachez-la !

21 Juin 2007

Les promesses du gouvernement de procurer un logement décent à ceux qui n'en ont pas, faites au début de l'année à la suite de l'opération Don Quichotte, ont fait long feu. Parmi les tentes qui avaient été montées à Paris comme abris de fortune, en particulier sur les rives du canal Saint-Martin, un grand nombre ont aujourd'hui disparu, non parce que leurs occupants ont été relogés correctement, mais parce qu'ils ont été chassés vers la périphérie parisienne. À très peu d'entre eux, des solutions durables ont été proposées et pour la majorité, ils restent dans des situations extrêmement précaires.

Médecins du Monde, qui, parmi d'autres, avait distribué des tentes à des sans-logis vivant à la rue, dénonce l'attitude de la préfecture de Paris à l'approche de l'été et de l'arrivée des touristes. Celle-ci consiste à faire déguerpir par tous les moyens les SDF des trottoirs où ils sont installés : envoi de policiers, tentes jetées à la Seine, chasse aux abris précaires en ville.

Ces tentes irritent sans doute ceux que la seule vue de sans-logis dérange. À défaut de supprimer la misère, le gouvernement et sans doute avec lui la Mairie de Paris ont donc entrepris de la cacher... bien mal d'ailleurs lorsqu'on constate la multiplication des tentes et autres bidonvilles le long du périphérique parisien.

La « ville-lumière » ne manque pas de zones d'ombre et de misère.

Lucienne PLAIN