Salon du Bourget : Pour les profits ça plane21/06/20072007Journal/medias/journalnumero/images/2007/06/une2029.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Salon du Bourget : Pour les profits ça plane

Le 47ème salon de l'aéronautique au Bourget, dans la banlieue parisienne, s'est ouvert en fanfare pour Airbus qui a annoncé 339 commandes et intentions d'achats pour 34 milliards d'euros.

La satisfaction est d'autant plus marquée que Boeing, qui avait repris en 2006 la place de n° 1 mondial, a annoncé dix fois moins de commandes, correspondant à 3,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

Les carnets de commande de l'Airbus A380, le plus gros avion civil du monde, continuent à se remplir alors qu'ils sont déjà pleins pour cinq ans. Quant à l'Airbus A350, au lancement retardé par les exigences techniques des compagnies aériennes, Airbus en a placé 115. C'est moins que les 544 commandes du Boeing concurrent, le 787 Dreamliner, mais les actionnaires d'Airbus ne sont pas à plaindre. D'autant plus que ces commandes s'ajoutent à celles de 2005 et 2006, deux années record pour Airbus et Boeing qui ont vendu près de 4 000 appareils. Et les avionneurs tablent sur un doublement de la flotte mondiale d'ici 2025 avec près de 33 000 avions.

En fait les affaires sont florissantes dans tous les secteurs de l'aéronautique. Dassault qui présente son dernier modèle d'avion d'affaires, un triréacteur de luxe, le Falcon 7X, a vendu 885 jets privés en 2006. Le constructeur d'hélicoptères Eurocopter, filiale d'EADS, affiche une santé insolente. Numéro un mondial avec 3,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires, il a vendu 615 appareils en 2006. Et pour le seul mois de janvier 2007 déjà 315...

Quant au matériel militaire, la chasse est ouverte entre les fabricants d'avions pour décrocher des contrats, avec l'aide des États qui les subventionnent. Cette année la concurrence fait rage pour remplacer les avions des armées de l'air marocaine et indienne, sans parler du marché des 179 avions ravitailleurs américains qui représentent la bagatelle de 30 à 40 milliards de dollars.

Pour Airbus, Boeing, Dassault et tous les autres les profits volent haut. Mais cela n'empêche pas les Lagardère et autres gros actionnaires de supprimer des emplois par milliers (10 000 pour Airbus avec le plan Power 8, sans parler des sous-traitants) et de fermer des usines, en invoquant des « difficultés industrielles ». Car supprimer des emplois permet de doper encore plus les profits !

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