"Parachutes dorés" : my boss is rich

13 Juin 2007

Le parachute doré est très tendance dans le petit monde international des dirigeants d'entreprise.

L'exemple récent de ceux de Noël Forgeart ou Jean-Paul Gut, recevant des cadeaux d'adieu de plusieurs millions d'euros lors de leur départ d'EADS, avait soulevé un tollé, d'autant plus qu'ils étaient annoncés parallèlement aux suppressions d'emplois d'Airbus.

Mais ces patrons " parachutés " ne constituent pas une exception, au contraire. Une étude du quotidien économique La Tribune révèle d'ailleurs que, si les rémunérations des patrons français sont dans la moyenne européenne, leurs indemnités de départ sont les plus élevées d'Europe. Ils reçoivent en moyenne " le double du total de leur salaire de base et de leur bonus annuel ", un " package " la plupart du temps contractuel, décliné sous diverses formes, indemnité de départ, indemnité de non-concurrence, retraite-chapeau, stock-options, actions gratuites, etc.

Cette étude aurait servi de base de réflexion à la commission de l'Assemblée nationale censée préparer une réforme de la rémunération des patrons. Une succession de révélations, pendant la campagne présidentielle, qu'il s'agisse des " parachutes " des anciens PDG de Carrefour, de Vinci ou d'EADS, avait même amené Sarkozy a prendre position pour leur interdiction, peu après son élection. Maintenant, la promesse d'interdiction est devenue celle d'un dispositif liant l'existence d'une prime de départ à la performance de l'entreprise.

Peu de risque donc pour les parachutes dorés d'être taillés en pièces... même si un projet de loi sort finalement du chapeau de la commission. Tout ceci n'a rien de surprenant, l'idée émanant d'un ami des Bouygues, Bolloré ou Lagardère.

V. L.