Eau - La pollution se porte bien

01 Juin 2007

Les six agences de l'eau, chargées de veiller à ce que les cours d'eau et les nappes souterraines soient en bon état écologique, coûtent de plus en plus cher et sont incapables d'arriver à une solution satisfaisante.

C'est la conclusion a laquelle est arrivé le mensuel Que Choisir ? au moment où ces agences mettaient en route leur neuvième programme d'action qui devrait, de 2007 à 2015, assainir définitivement la situation. D'après le bilan officiel de ces agences, 75 % des rivières et 50 % des nappes phréatiques sont polluées et le seront encore en 2015.

L'agence de l'eau de Seine-Normandie reconnaît que " les teneurs en nitrates et pesticides dans les eaux souterraines ne cessent d'augmenter " et que " seules les nappes peu concernées par l'agriculture intensive sont épargnées ". En Bretagne, l'État a décidé de suspendre quatre nouveaux captages, après les neuf déjà abandonnés ; 1'eau polluée ne sera plus pompée pour la consommation, mais elle continuera à déverser ses nitrates en mer et à provoquer des marées vertes. Quant aux dépenses faites par les collectivités pour capter et traiter l'eau, elle seront passées à pertes, pour les usagers payeurs, et profits, pour les sociétés qui ont installé ces équipements.

La seule solution trouvée par l'État, c'est de tenter tout au plus de traiter la pollution en aval, au lieu de trouver, en amont, des moyens de l'empêcher. Il n'est pas question pour lui de promouvoir une alternative à l'agriculture ou à l'élevage intensifs ; il a même, en 2005, assoupli les modalités d'ouverture d'élevages industriels. Les six agences vont donc augmenter leurs redevances, de 6 % dans la région Rhône-Méditerranée-Corse, à 30 %, en Artois-Picardie ou Rhin-Meuse. La facture d'eau va augmenter, mais, entre les consommateurs et les lobbies de l'industrie et de l'agroalimentaire, qui sont à la fois les gros pollueurs et les membres influents des agences de l'eau, l'État a vite choisi à qui la présenter.

Sylvie MARÉCHAL