Ukraine : " Pro-russes " contre " pro-occidentaux " ?

13 Avril 2007

Les représentants actuellement au pouvoir des clans dirigeants ukrainiens sont réputés pro-russes et leur adversaire présidentiel se présente comme pro-occidental. Pourtant, avec ce nouveau bras de fer au sommet, on n'a guère entendu les grandes puissances impérialistes donner de la voix en faveur du camp " orange ".

D'abord, les milieux d'affaires occidentaux ont pu se convaincre que les dirigeants " bleus " ne les écartaient pas systématiquement des affaires profitables. Ensuite, les relativement bonnes relations du gouvernement ukrainien avec la Russie ont évité que ne se rallume la " guerre du gaz " entre Moscou et Kiev, dont certains pays membres de l'Union européenne avaient subi les contrecoups. Et, aux États-Unis, si des dirigeants avaient applaudi, en 2005, à la victoire du camp " orange ", ils ont aujourd'hui trop à faire sur le terrain, en Irak et en Afghanistan, avec de véritables guerres pour se soucier vraiment d'aider, en Ukraine, les clans " orange " guerroyant contre leurs rivaux pro-russes.

Et les dirigeants ukrainiens, " pro-russes " aussi bien que " pro-occidentaux ", ont beau, tous, afficher leur souhait que l'Ukraine intègre l'Union européenne, les dirigeants de celle-ci sont tout sauf pressés de l'accueillir. Ainsi, fin janvier 2007, les ministres des Affaires étrangères des 27 ont accepté que Bruxelles engage des pourparlers avec Kiev en vue d'un " accord renforcé de coopération ". Mais le même jour, les mêmes ministres publiaient un document déclarant que " cela ne préjuge pas de l'évolution future des relations entre l'Union européenne et l'Ukraine ".

Le " pro-russe " Ianoukovitch a donc pu, sans prendre trop de risques, demander l'arbitrage... de l'Union européenne dans la crise qui l'oppose à un président Iouchtchenko " pro-occidental " mais affaibli.

P. L.