TSI-Advantys - Paris-Austerlitz : trois semaines de grève contre le patron... et la SNCF qui le soutient.

13 Avril 2007

Mardi 10 avril, les nettoyeurs des voitures voyageurs, qui chargent en oreillers et couvertures les trains de nuits pour l'entreprise TSI-Advantys dans la zone SNCF Paris-Austerlitz-Masséna, entamaient leur 21e jour de grève.

Ils revendiquent le passage de temps partiels subis à temps plein, et une attribution égale et plus juste des primes, alors que les salaires vont de 800 euros à 1 240 euros, toutes primes comprises, parfois avec trente-cinq ans d'ancienneté.

La SNCF, après avoir fait intervenir des cadres cheminots pour faire le travail à la place des grévistes, fait constamment intervenir la police ferroviaire et la police nationale, sous prétexte de risques de casse ou d'altercation avec les non-grévistes. Les policiers ne viennent que... pour constater que tout se passe sans heurt, et se retirent.

Outre le soutien affirmé par les différents syndicats, les cheminots des ateliers de Masséna ont montré par un débrayage spontané, vendredi 6 avril, qu'ils refusaient qu'une quarantaine de cadres remplacent les grévistes. Une centaine sont venus, aux côtés des grévistes, exiger le retrait du chantier des cadres, qui sont repartis. Un mot d'ordre circule d'autre part, face à l'éventualité d'une intervention policière : " Pas un képi à Masséna ! "

Ce même vendredi, tombait une ordonnance du tribunal qui, si elle ne condamne pas la grève, autorise l'expulsion des grévistes des sites Masséna et Austerlitz, à la demande de TSI- Advantys. Les grévistes, révoltés, ne cèdent pas d'un pouce, maintenant leur présence de jour comme de nuit, et ils ont reconduit la grève massivement, toujours à 90 % de grévistes. D'autant que, dès qu'ils ont le dos tourné, TSI-Advantys fait intervenir en toute illégalité des intérimaires, que seule la pression des grévistes fait repartir.

De la même manière, Advantys, qui possède une filiale espagnole, fait venir des ouvriers et ouvrières d'Espagne pour remplacer les grévistes TSI dans les trains espagnols Talgo. Ils vivent entre ces trains et l'hôtel à côté de la gare d'Austerlitz. Une certaine conception patronale de l'Europe ! Heureusement, les grévistes en ont une autre et dialoguent avec ces travailleurs, qui savent aussi marquer leur solidarité...

La grève pèse financièrement, mais la détermination est forte : " On ira jusqu'au bout ! " Des collectes sont organisées par le comité de grève et les cheminots apportent également leur contribution financière.

Les grévistes comptent sur leurs forces, sur l'organisation de la grève et la solidarité des cheminots pour se donner le plus de chances de gagner.

Correspondant Lutte Ouvrière