Travailler plus pour gagner moins, c'est encore pire au féminin.

13 Avril 2007

À l'occasion d'une réunion publique aux côtés de Simone Veil, Sarkozy a promis de faire de l'égalité salariale et professionnelle entre les hommes et les femmes un " axe majeur " de son éventuel mandat. " Je donnerai deux ans aux entreprises pour aligner les salaires des femmes sur ceux des hommes. Et je le ferai sous peine de sanctions, car cela fait 50 ans que, sans sanction, on n'y arrive pas ". Mais qu'est-ce qui empêchait Sarkozy de s'atteler au problème, vieux d'au moins 50 ans comme il le dit, lorsqu'il fut ministre du Budget en 1993 dans le gouvernement de Balladur puis ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie en 2004 sous Raffarin ?

Le candidat de l'UMP ne manque certes pas de culot. Son principal axe de campagne consiste à marteler que pour gagner plus, il faut travailler plus. Aux femmes qui ont un emploi à plein temps, Sarkozy promet donc de rester au travail plus longtemps, alors que des millions d'individus dont une majorité de femmes ne demandent qu'à travailler mais ne trouvent pas d'emploi ; des centaines de milliers de femmes, notamment dans le commerce et la grande distribution, se voient imposer des emplois à temps et à salaires partiels.

Alors, soit " travailler plus pour gagner plus " est une sinistre plaisanterie, soit cela signifie que pour gagner un salaire décent les femmes seront encore plus exténuées, entre le travail à l'usine ou au bureau et celui qui repose sur elles à la maison. En fait, le programme de Sarkozy leur promet triple journée de travail : la double journée qu'elles effectuent déjà, et les heures supplémentaires que Sarkozy voudrait offrir au patronat pour lui éviter d'avoir à embaucher.

Annie ROLIN