Tarifs bancaires aux particuliers : la poule aux oeufs d'or.

13 Avril 2007

Les tarifs facturés par les banques pour leurs " services " aux particuliers sont extravagants et très chers. L'enquête conjointe de l'association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV) et du mensuel Mieux vivre votre argent le confirme une nouvelle fois.

La comparaison entre les 121 banques étudiées à l'échelle du pays indique qu'il n'y a aucune cohérence et encore moins de justification entre leurs différents tarifs pour les mêmes opérations. Elles facturent ce qu'elles veulent. En fonction de la banque, la même opération peut coûter sept fois plus cher !

Avec l'informatisation généralisée, la notion même de " prix de revient " pour chacune de ces opérations ne signifie plus grand-chose. Chacune d'entre elles coûte un prix dérisoire, sans commune mesure avec la somme que la banque prélève sur chaque opération. Celle-ci se compte en euros, voire en dizaines d'euros. Au bout du compte, le fait de confier son argent à une banque, qui en fera ce qu'elle veut, coûte annuellement à chaque consommateur des sommes qui se mesurent en centaines d'euros.

En outre, malheur à ceux qui se trouvent en difficulté financière. Les banques tombent sur eux à bras raccourcis, sous prétexte d'" incidents " bancaires ou de chèques, même petits, sans provision suffisante. Elles leur prélèvent alors des sommes sans commune mesure avec le prétendu préjudice subi. Ce sont de véritables amendes.

L'enquête évoque également le nouveau pactole que représentent pour les banques les appels téléphoniques surtaxés. Pour consulter son compte, on peut se voir soutirer " jusqu'à 37,80 euros pour 60 minutes de communication dans l'année ".

L'opacité est de règle. Les auteurs de l'enquête soulignent la difficulté d'accéder à l'information tarifaire des banques. Le résultat de ce racket est que le profit des banques ne cesse d'augmenter année après année, que les bénéfices de ce que l'on appelle la " banque de détail " ont connu une nouvelle augmentation de 20 % en 2006. Car vis-à-vis des simples titulaires d'un compte, ces banques ne font pas dans " le détail ".

Michel ROCCO