Sarkozy veut baisser de 5 % l'impôt sur les sociétés : quand " paquet fiscal " signifie " paquet-cadeau ".

13 Avril 2007

Pour les patrons qui douteraient encore que Sarkozy ne leur veut que du bien, son porte-parole, Xavier Bertrand, a précisé une promesse de son chef : " Nous voulons baisser l'impôt sur les sociétés d'au moins cinq points ". Cela l'amènerait à 28 % au lieu des 33 % actuels.

Cette baisse représenterait un manque à gagner de 7 milliards d'euros pour les caisses de l'État, à ajouter aux 15 milliards de cadeaux fiscaux déjà annoncés, par la non-imposition des heures supplémentaires, la possibilité de déduire de ses impôts les intérêts des emprunts immobiliers ou la suppression des droits de succession pour la presque totalité de la population.

Sarkozy dit vouloir lier ce qu'il appelle un " paquet fiscal " (qu'il serait plus juste d'appeler " paquet-cadeau "), à un " paquet salarial " que les entreprises devraient appliquer ; mais sur les efforts demandés aux chefs d'entreprises en matière d'emploi et de salaire, rien n'est précisé. Et l'expérience du passé montre que la baisse du chômage ou la hausse du pouvoir d'achat des travailleurs n'ont jamais été des conditions imposées aux patrons en échange des largesses que le gouvernement leur octroie. Depuis des années, l'impôt sur les sociétés n'a cessé de baisser. Cela n'a pas empêché le nombre de chômeurs de continuer à grimper.

Sarkozy est contre les aides aux chômeurs qu'il qualifie d'assistanat. Quant à assister les patrons tant et plus, il est pour.

Marianne LAMIRAL