Sans-abri : les promesses et la réalité.

13 Avril 2007

L'association Les Enfants de Don Quichotte a appelé, vendredi 6 avril, les SDF à se retirer du canal Saint-Martin où ils campaient depuis la mi-décembre, ce campement ne permettant " plus aucune avancée importante avant les élections ". Pour les 280 SDF du canal Saint-Martin cependant, tout est loin d'être réglé : quinze ont été relogés définitivement, 48 ont rejoint des structures d'accueil et 94 ont accepté la solution transitoire du Fort de Nogent. En province aussi, les problèmes restent entiers pour les SDF qui avaient suivi l'exemple des sans-abri parisiens.

L'occupation des rives du canal Saint-Martin a eu, au moins, le mérite de reposer le problème du logement et d'obliger les ministres Borloo ou Vautrin à réagir. Le premier d'entre eux, Villepin, a finalement accouché d'une loi sur le " droit au logement opposable ". Cela reste cependant de la poudre aux yeux électorale, car cette loi ne sera appliquée qu'à partir du 1er décembre 2008 pour les demandeurs de logements sociaux jugés prioritaires, avant d'être étendue au 1er janvier 2012 à tous les demandeurs. Voilà comment Villepin-Chirac répondent à la question urgente du logement... et évidemment ce n'est pas une procédure juridique qui permettra de construire les logements qui manquent.

La situation du logement est révoltante et indigne, dans un pays qui se proclame la cinquième puissance économique du monde. Et pourtant ni le gouvernement de droite, ni les politiciens de gauche qui aspirent à revenir aux affaires, ne prennent les engagements susceptibles de résorber d'urgence la crise du logement, à savoir la construction d'urgence des millions de logements à prix abordables qui manquent cruellement aujourd'hui.

Cédric DUVAL