Quand Tapie vient à la rescousse.

13 Avril 2007

Bernard Tapie a décidé de soutenir Sarkozy. Cette prise de position a pu décevoir le président du Parti Radical de Gauche, auquel il appartenait, qui juge " pitoyable qu'un ancien ministre de Mitterrand aille se commettre avec Sarkozy ", mais au fond, quoi de surprenant ?

Dans son langage fleuri, Tapie justifie son ralliement à Sarkozy en reprochant aux militants socialistes d'avoir fait " une énorme connerie " en choisissant Ségolène Royal comme candidate. À défaut de Strauss-Kahn qui aurait eu ses faveurs, il en est arrivé à la conclusion que Sarkozy serait " le plus compétent pour diriger le pays ". Venant d'un expert comme Tapie, l'argument est de poids.

Ce ralliement déçoit peut-être ceux qui voyaient en Tapie un homme " de gauche ". Mais il faut rappeler qu'il n'a eu cette étiquette que parce que le Parti Socialiste la lui avait donnée, en en faisant son champion contre Le Pen aux élections régionales de 1992 dans la région PACA, et en le nommant ministre de la Ville sous le gouvernement de Bérégovoy, en 1992 et 1993. Car ce touche-à-tout, valsant des affaires (et même des affaires judiciaires où il eut plusieurs condamnations !) au cinéma et à la chanson, en passant par la présidence de l'OM, n'a jamais eu d'autre préoccupation sociale que celle de l'ascension de sa propre personne, y compris aux dépens du monde du travail. Il a commencé à s'enrichir en achetant des entreprises pour les revendre ensuite avec bénéfice, comme Wonder, Terraillon, Adidas, etc., le tout s'accompagnant de licenciements.

Après Johnny Hallyday et Doc Gyneco, la liste des soutiens de Sarkozy s'allonge ainsi de l'affairiste et licencieur Tapie. Tout un programme.

Marianne LAMIRAL