Irak : quatre ans d'occupation, l'armée américaine doit partir !

13 Avril 2007

Le 9 avril 2003 l'armée américaine entrait à Bagdad et renversait le régime de Saddam Hussein. Cette opération, précédée de milliers de tirs de missiles et de bombardements aériens, engageait plus de 200 000 soldats américains, appuyés par ceux de la " Coalition ", au premier rang desquels les Britanniques. L'état-major américain l'avait baptisée " libérer l'Irak ".

Pour le quatrième anniversaire de sa " victoire " l'armée américaine a été obligée d'interdire toute circulation automobile dans Bagdad de peur des attentats. En vain. Ce jour-là, comme tous les jours, les morts se sont comptés par dizaines. Trois soldats américains ont été tués par une explosion en passant à un carrefour. Dans une autre ville, des jeunes Irakiens qui faisaient la queue pour s'engager dans la police ont été victimes d'un attentat-suicide. Les chiffres officiels dénombrent 2 500 victimes civiles par mois et 3 281 soldats américains tués depuis le début de la guerre.

Ce même 9 avril, des dizaines, peut-être des centaines, de milliers de manifestants défilaient en exigeant le départ des troupes d'occupation. Commentant cette manifestation, un porte-parole du président Bush a affirmé que l'Irak est " à présent un endroit où les gens peuvent librement se réunir et exprimer leur opinion, alors qu'ils ne pouvaient pas le faire sous Saddam ". C'est également à présent un endroit où une armée d'occupation a tout pouvoir d'intervenir et de tirer ; où les quartiers sont séparés par des barbelés et par les hommes en armes des différentes factions religieuses ; où les infrastructures sont détruites, les écoles et les hôpitaux à l'abandon, la circulation impossible, le ravitaillement difficile. C'est un endroit que veulent quitter tous ceux qui le peuvent et où ceux qui restent, l'immense majorité, les plus pauvres, vivent dans la peur.

Derrière les grandes phrases contre le dictateur Saddam Hussein, les armes de destruction massive (qui n'existaient pas), la " défense de la liberté ", se cachaient des intérêts beaucoup moins reluisants. La guerre contre l'Irak a été l'occasion de fournir des contrats aux entreprises amies de Bush : Halliburton, dont le vice-président Cheney avait été le patron, Bechtel, Blackwater et autres vautours de moindre importance qui fournissent l'armée américaine ou même lui louent des mercenaires. Les 500 milliards de dollars dépensés par l'État américain dans cette guerre n'ont pas été perdus pour tout le monde.

Bush et sa coterie de pétroliers voulaient aussi et surtout mettre la main sur les puits de pétrole, l'Irak recélant les deuxièmes réserves d'or noir du monde. Et à côté de ces possibilités de rapine, la vie et la situation des 25 millions d'Irakiens, comme d'ailleurs la vie des soldats américains, ne comptaient et ne comptent pour rien. Les occupants ne se sont même pas souciés de savoir comment assurer à la population l'eau potable et l'électricité. L'important était que les dollars affluent dans les poches de quelques capitalistes, gros et petits, mais tous amis du gouvernement Bush. Cette guerre d'Irak a été et reste une guerre de brigandage impérialiste des plus éhontées.

Le gouvernement américain en menant une guerre d'occupation, en détruisant le pays, en jouant les factions religieuses les unes contre les autres, a conduit l'Irak dans une impasse catastrophique. Alors, même si leur retrait ne mettrait sans doute pas fin à la guerre civile que leur présence a suscitée et encouragée, les troupes américaines, britanniques et autres, doivent partir. Comme l'exige la population irakienne et comme le demande aussi une part croissante de la population américaine.

Paul GALOIS