Il faut interdire les licenciements, et imposer le contrôle des travailleurs sur les décisions du grand patronat !

13 Avril 2007

Quand une entreprise supprime des emplois, que ce soit pour cesser son activité ou pour la transférer dans un autre pays ou même dans une autre région où les profits réalisés seront plus élevés encore, c'est une catastrophe pour les salariés concernés, leurs familles, parfois pour une ville entière. Mais quels que soient les discours dont elles sont enrobées, ces décisions sont la plupart du temps annoncées non par des patrons de PME aux abois, mais par des filiales de groupes importants, dont les profits permettent de verser aux actionnaires de confortables dividendes.

Un gouvernement qui représenterait réellement les intérêts de la population laborieuse devrait s'opposer immédiatement à de telles suppressions d'emplois et au cortège de difficultés qu'elles entraîneraient. Il pourrait et devrait contraindre l'employeur à prendre sur les profits pour maintenir les emplois, tous les emplois. Quand ce n'est pas sur les profits de l'année, cela peut être sur ceux des années précédentes, voire sur les sommes qui ont été " sorties " du bilan de l'entreprise par une des nombreuses combines financières existantes. Par exemple, si ce n'est pas sur les bénéfices de la filiale elle-même, ce peut être sur ceux du groupe auquel elle appartient.

Chaque année, des centaines de milliers de suppressions d'emplois résultent d'une fusion, comme chez Alcatel-Lucent, ou de choix prétendus stratégiques, comme dans le cas d'Airbus. Il n'y a aucune raison d'accepter les choix faits ainsi dans le secret des conseils d'administration, pour de simples motifs de profits. Ces grandes entreprises qui affichent d'insolents profits doivent être soumises au contrôle des travailleurs et de toute la population. Le secret commercial et bancaire doit être supprimé. Les travailleurs et la population doivent avoir le droit de savoir ce qui se cache derrière les calculs financiers du grand patronat, et le droit de mettre le holà à ses opérations.

Et puis, l'État aussi doit arrêter de supprimer des emplois dans la santé, l'éducation, les services publics, les transports... Au lieu de consacrer de plus en plus d'argent à subventionner les capitalistes, il doit embaucher partout où c'est nécessaire pour assurer des services publics qui répondent vraiment aux besoins de la population.

Il n'y a pas d'autre voie pour inverser l'implacable dégradation des conditions de vie non seulement des deux millions de chômeurs officiellement reconnus et de leur famille, mais aussi des cinq autres millions de chômeurs non reconnus, de salariés précaires ou à temps partiel imposé, et de tous ceux dont le pouvoir d'achat baisse simplement parce que le grand patronat veut accroître ses profits à leurs dépens.

Viviane LAFONT