FCI Automotive - Epernon (Eure-et-Loir) : actionnaires choyés et salaires à la traîne.

13 Avril 2007

Usine de 600 personnes (dont 350 à la production et beaucoup de femmes) située à Epernon, une petite ville ouvrière à 30 kilomètres de Chartres, FCI Automotive fabrique des connectiques automobiles.

Le groupe FCI (qui regroupe plus de 10 000 salariés) a été créé en 1989 par Framatome, via le rachat d'entreprises de connectique, en France et ailleurs dans le monde. Puis FCI est passé sous le contrôle d'Areva, lors de la création de ce géant français du nucléaire. Il a ensuite été revendu fin 2005, lorsque Areva s'est débarrassé de sa filiale connectique, à un fonds d'investissement américain, Bain Capital. Les conditions d'achat comportent une clause qui prévoit le maintien de l'équipe dirigeante du groupe FCI, et pour les salariés la promesse de garder ouverts tous les sites... pendant seulement trois ans. Mais pour l'avenir, il n'y a en fait aucune garantie réelle.

Car tout cela se place dans un contexte où les sous-traitants de l'automobile, sous la pression des constructeurs, suppriment des emplois partout. Et puis chacun sait que ce type " d'investisseur " est surtout intéressé à rentabiliser sa mise le plus rapidement possible. Dans les ateliers, cela se traduit par une charge de travail en augmentation, des pressions continuelles de la part de la hiérarchie et un chantage permanent à la fermeture du site dès qu'un syndicat revendique un petit peu.

Lors des négociations récentes sur les salaires, la direction a proposé des augmentations inférieures à celles de l'an dernier : 2,5 % d'augmentation générale, contre 2,8 % l'an passé. Elle y ajoute une prime d'assiduité de 150 euros par trimestre, à condition de n'avoir aucun jour d'arrêt. Elle justifie cela par la baisse du résultat d'exploitation (4,8 millions d'euros pour 2006 sur le site d'Epernon, contre 12,6 millions en 2005). Et s'il n'y avait pas de bénéfices, il faudrait baisser les salaires ?

En réalité, une augmentation par exemple de l'ordre de 200 euros pour tous par mois représenterait seulement 30 % du résultat annoncé, pas de quoi mettre l'usine sur la paille ! De la même façon, la direction se vante d'avoir porté le salaire d'embauche à 1 350 euros, ce qui en net fait juste un peu plus de 1 000 euros. Pour vivre, tout cela ne fait pas le compte. Comme dans toutes les usines de la région, beaucoup de salariés ont du mal à joindre les deux bouts et à boucler les fins de mois et un grand nombre vivent d'acomptes.

Un exemple, parmi bien d'autres, de l'insuffisance des salaires et de la nécessaire augmentation qu'il faudra bien mettre à l'ordre du jour.

Correspondant Lutte Ouvrière